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GUIDE
du
TéléSecrétariat



1ère PARTIE : HISTOIRE ET PERSPECTIVES DU TELESECRETARIAT


SOMMAIRE

1.  Brève histoire du secrétariat

2.  Le télésecrétariat : ses acteurs, ses prestations, le marché       

3.    Où localiser une activité de télésecrétariat ?                                  

4. Les facteurs-clés de réussite                                                             

5. Coût moyen des prestations de télésecrétariat                            


1.   Brève histoire du secrétariat

L'histoire du secrétariat d'entreprise est directement liée à celle de la machine à écrire.

Avant 1870, le secrétariat était un métier masculin, un passage souvent obligé pour faire carrière.

Entre 1870 et 1890, la profession se féminise. Cette période voit naître la machine à écrire et avec elle une transformation du métier. Le recrutement des dactylographes se fait parmi les femmes cultivées de la classe moyenne américaine, car une des premières qualités –véritable critère de recrutement de l'époque- est de savoir jouer du piano en raison de l'agilité des doigts [1]

Dès 1880, les premières écoles de sténodactylographie sont ouvertes et en 1890 c'est être pionnière que d'aller vers ces métiers nouveaux où l'on gagne bien sa vie en faisant un travail propre.

Le Taylorisme vient alors toucher le monde du bureau avec la création des pools dactylographiques.

Des années 20 aux années 70, les choses évoluent peu. Les dactylos et sténodactylos ont du mal à se faire remarquer et à sortir du pool pour devenir secrétaires auprès d'un chef de service.

Les années 70 sont celles de la tradition et du renforcement des stéréotypes. Tout est parfaitement clair et établi. Les catégories de secrétaires sont conformes aux conventions collectives.

Les qualités personnelles requises dans les petites annonces l'emportent largement sur les compétences techniques. Peu importe ce que l'on sait faire (hormis la sténo et la dactylo) dès l'instant où l'on sait être discrète, diplomate, disponible, débrouillarde, dévouée, devineresse…

Celles qui ont de l'ambition ont deux voies tracées devant elles : sortir du secrétariat si elles sont indépendantes de caractère ou faire carrière dans le secrétariat en visant le secrétariat de direction.

Les années 80 voient planer une menace sur la profession. En effet, dès 1980, le futurologue Alvin Toffler, dans son ouvrage "Le Bureau du futur", intitule l'un de ses chapitres : "Faut-il brûler la secrétaire ?".

La bureautique va bouleverser le métier et ces catégories professionnelles. Toutes les secrétaires notamment les plus anciennes, celles qui ont déjà franchi les échelons du secrétariat, ne sont pas prêtes à relever le défi. Les plus jeunes, quant à elles, prennent souvent d'assaut un nouveau créneau où elles veulent se réaliser.

Les années 90 sont celles de la suppression des postes de dactylos et d'opératrices de saisie. Dans le même temps, les secrétaires spécialisées en comptabilité, bureautique et secrétariat de direction se retrouvent en tête de la création d'emplois en France. C'est ce que montrent deux enquêtes du Céreq (Centre d'Etudes et de Recherches sur les Qualifications) et du Cnam (Conservatoire National des Arts et Métiers), citées dans Télétravail Magazine d'avril-mai 1996.

L'allégement des tâches, induit par le traitement de texte, les tableurs et les grapheurs a dégagé du temps pour l'initiative : les secrétaires d'hier, cantonnées aux travaux répétitifs de frappe sur machine à écrire, sont progressivement devenues des assistantes à part entière. L'enrichissement du travail et son changement de nature ont nécessité cependant une phase obligatoire d'adaptation liée à la formation.

Les années 90 sont aussi celles de la crise de reconnaissance. En effet, les secrétaires ont relevé les défis, se sont adaptées aux nouvelles technologies beaucoup plus vite que leurs supérieurs ou leurs patrons, mais elles n'ont pas l'impression d'être reconnues.

C'est pour cela qu'elles disent vouloir évoluer c'est-à-dire oser être plus affirmées, moins dépendantes, plus autonomes.

L'apparition du télétravail en tant que travail à distance utilisant l'informatique et les télécommunications va susciter une seconde révolution dans le secteur du secrétariat. Avec l'aggravation du chômage, les horaires contraignants et le temps perdu dans les transports, les secrétaires d'aujourd'hui voient dans le télésecrétariat une nouvelle opportunité.

Pour la première fois, le lieu de production d’une secrétaire peut être différent de celui de l’utilisateur final de son travail. Cette rupture géographique permet d’envisager l’implantation possible de nombreuses télésecrétaires en n’importe quel point du territoire français.

Pour les années à venir, on peut, sans se tromper, affirmer que le travail des télésecrétaires va être profondément modifié par le développement rapide d’Internet dans les milieux économiques.

C’est une nouvelle chance  (ou une nouvelle menace) qu’elles devront saisir pour développer leur capacité à être un soutien  efficace du développement des  entreprises.


2.   Le télésecrétariat

2.1    Ses acteurs

Le secrétariat, parce qu'il est au cœur de la transformation des conditions de transmission de l'information, est l'un des premiers métiers à être concerné par le travail à distance.

Aujourd'hui, les 2 000 sociétés qui proposent des prestations de télésecrétariat s'introduisent dans les grandes compagnies de la banque ou de l'assurance (Avenir, filiale de l'UAP, MAAF, La Concorde), ou dans les grands groupes industriels (EDF), en leur proposant une facturation en fonction du nombre d'appels traités et de la charge de travail effectivement réalisée.

Cette nouvelle activité a fait rêver de nombreux territoires ruraux qui ont vu dans cette activité la possibilité de fixer des emplois à la campagne.

De nombreuses expériences ont été tentées dans les années 90 sous l’impulsion de collectivités locales qui ont été encouragées par les pouvoirs publics. De nombreux colloques portent sur ce thème. La DATAR a d’ailleurs lancé de nombreux appels à projet sur le Télétravail.

Les succès n’ont pas toujours été au rendez-vous. En effet, certaines communautés de communes ont aménagé, à grands frais, des Télécentres qui ont été désertés deux années plus tard après l’échec des entreprises.

Aujourd’hui, la mode des télécentres basés sur le télésecrétariat est heureusement passée car on connaît la difficulté de viabiliser une telle activité éloignée des grands centres économiques.

L’arrivée, sur ce marché, de pays à faible coût de main-d’œuvre comme le Maghreb ou l’Inde a contribué à accélérer la non-rentabilité de cette activité.

La création d’entreprises de télésecrétariat est aujourd’hui le fait de femmes qui créent leur propre emploi en valorisant leur expérience antérieure de secrétaire classique.

Par ailleurs, d'après une enquête du magazine « Secrétaires et Assistantes » datant de 1997, 70 % des secrétaires interrogées sont séduites par le télésecrétariat, quelques milliers se lancent. Il est difficile d'obtenir une estimation précise, ces données étant considérées comme confidentielles par le SIST (Chambre professionnelle nationale des téléservices) et aucun code d’activité précis ne permet d’isoler le nombre d’entreprises opérant dans ce secteur.

Ce phénomène d’entreprises solos est une caractéristique marquante de l’évolution économique du secteur du télésecrétariat.

Une autre voie, plus prometteuse, est aujourd’hui engagée à proximité des grandes métropoles c’est le télépendulaire.

Le principe, qui s’adresse à des salarié(e)s d’entreprises, consiste à leur proposer de travailler deux ou trois jours dans leur entreprise et le reste de la semaine dans un télécentre situé à proximité de leur domicile.

L’intérêt de cette démarche est triple :

·      la télésecrétaire garde un contact humain et fonctionnel avec l’entreprise qui l’emploie, elle rompt ainsi l’isolement qui est l’une des plus grandes difficultés de ce métier,

·      l’entreprise a l’impression de mieux piloter et contrôler le travail de sa secrétaire à distance,

·      des économies de loyer et d’équipement sont possibles pour l’entreprise puisque les télécentres mutualisent leurs ressources techniques entre plusieurs entreprises.

De nombreuses expériences sont en cours et pourraient déboucher sur des exploitations plus pérennes que les précédentes (région parisienne, Nord de la France).

2.2             Ses prestations

Le télésecrétariat, qu’il soit exercé en mode salarial ou en prestataire de services, recouvre une large gamme de prestations qui s’élargit avec l’évolution rapide des technologies de la communication.

On peut simplement constater que plus la prestation a une valeur ajoutée élevée, plus les chances de survie économique sont fortes.

Dans de nombreux cas la notion de secrétariat est largement dépassée.

Pour une salariée, on parlera plus d’un « poste d’assistante polyvalente » et pour une créatrice « d’entreprise de téléservices ».


Les principaux téléservices fonctionnels proposés

·        Courrier

·        Devis

·        Edition de factures

·        Rapports (expertise, étude, conseil)

·        Tableaux

·        Mise en page de documents techniques

·        Compte-rendu de réunion

·        Transcription de K7

·        Plaquettes publicitaires

·        Digitalisation de documents

·        Intégration d’images

·        Infographie

·        Traduction en langues étrangères

·        Saisie d’écritures comptables

·        Feuilles de paie

·        Réalisation de transparents

·        Mailing ET MARKETING DIRECT

·        Recouvrement de créances

·        PHONING ET TELEMARKETING

·        CENTRE D’APPEL

·        Conception assistée par ordinateur (CAO)

·        Dessin assisté par ordinateur (DAO)

·        Publication assistée par ordinateur (PAO)

·        Développement de logicielS

·        Archivage de documents

·        Gestion ET SAUVEGARDE de fichiers A DISTANCE

·        CREATION ET MAINTENANCE DE SITES INTERNET

·        TELEMAINTENANCE EN INFORMATIQUE


2.3      Le marché du télésecrétariat

Les entreprises qui font appel à des entreprises de téléservices le font en priorité :

·        pour satisfaire des besoins ponctuels ne nécessitant pas la création d’un emploi à temps plein ou même à mi-temps,

·        pour accéder à des compétences inexistantes dans l’entreprise et qu’il serait trop coûteux ou trop long à intégrer et former en interne,

·        pour faire face à une surcharge de travail (secrétaires débordées, arrêt maladie, problème de courrier en retard ou de surcroît temporaire d’activité...),

·        dans le cadre d’un mouvement de fond des entreprises qui externalisent de plus en plus des services internes pour se consacrer exclusivement à leur cœur de métier.

Il arrive d’ailleurs que certains télécentres ou prestataires de téléservices, lorsque la situation le nécessite (là encore surcharge de travail ou compétence inexistante) aient eux-mêmes recours à des sous-traitants (télésecrétaires free-lance par exemple).

Les raisons principalement évoquées par les entreprises sont donc une plus grande souplesse d’organisation et une meilleure gestion des variations d’activité. Sans oublier, bien sûr, la notion de coût. Externaliser des activités tertiaires vers des télécentres ou des télétravailleurs indépendants permet, globalement, de réaliser des gains de l’ordre de 20 à 40 %. Le contrat de travail est en effet remplacé, dans ce cas, par un contrat commercial, beaucoup plus « rentable et souple » (ni déclaration préalable d’embauche, ni feuille de paye, ni calcul de charges...). On ne loue plus le temps d’une personne, on achète un résultat.

Ceci dit, les entreprises n’ont bien sûr pas toutes les mêmes besoins. Plus elles sont de faible dimension (moins de dix salariés), plus elles expriment des besoins plus polyvalents par rapport aux  télésecrétaires qui devront remplir des missions très variées (administratif, commercial, comptable, accueil téléphonique). Les entreprises un peu plus grandes manifestent des besoins plus spécifiques et rechercheront des « expertes » dans un domaine précis (téléprospection, gestion des fiches de paye, création du fichier commercial).

Dans tous les cas de figure, le secrétariat de base (frappe du courrier) occupera une part de plus en plus faible dans les demandes des entreprises.

Les besoins en télésecrétariat sont plus importants également dans le secteur tertiaire que dans les secteurs industriel et agricole.

Les entreprises semblent identifier par elles-mêmes leurs besoins, et donc les meilleures opportunités de recours aux télésecrétaires. Elles ont affaire le plus souvent au même prestataire dès lors que celui-ci répond à leurs attentes.

A noter enfin que les entreprises qui ont arrêté d’utiliser ce type de services l’ont fait essentiellement parce qu’elles ont intégré les compétences, ou suite à une baisse d’activité.


Les besoins en télésecrétariat les plus souvent

émis par secteur d’activité

Assurance 

rapports de prévention, rapports d’expertise, déclarations de sinistres…

Banque 

courriers d’information, documents marketing, transcription de réunions, de conseils d’administration...

Recouvrement 

courriers de relance clients ou fournisseurs...

Expertise 

rapports d’expertise, devis technique...

Organismes de contrôle 

dossiers de mise en conformité, dossiers techniques, rapports d’expertise...

Services publics 

archivage de documents électroniques, courriers d’information, dossiers d’appel d’offres...

Industrie 

devis, factures, descriptifs, rapports techniques...

Communication 

plaquettes, documents commerciaux, mailing...

Informatique 

fiches techniques, courriers d’information, documentation...

Professions libérales 

gestion des appels téléphoniques, rapports, courriers, appels d’offres...

Il faut savoir que les besoins d’externalisation d’un grand compte et d’une Pme/Pmi ne sont pas les mêmes ; et qu’il existe un monde entre cette dernière et l’artisan ou la profession libérale.

Le marché des grandes entreprises

Les grandes entreprises possèdent en général toutes les compétences et l’infrastructure pour exercer l’ensemble de leurs activités. Dans ces conditions les prestataires de télésecrétariat ne peuvent espérer se voir confier autre chose que la saisie de documents, éventuellement la transcription de K7.

Par contre, les grandes entreprises ont tendance à s’adresser plutôt à de « grosses » structures de télésecrétariat qui ont fait leur preuve et seules capables de traiter des volumes importants (parfois plus de 200 pages/jour).

Picardie Téléservices, une dizaine de salariés, a ainsi décroché auprès de la CNAM un marché de près de 4 millions de francs (plusieurs centaines de milliers de pages à saisir) sur trois ans, ainsi que le traitement des déclarations de sinistres de l’UAP.

Le marché des PME/PMI

Sur ce segment les travaux demandés ne nécessitent, la plupart du temps, qu’une télésecrétaire, voire deux ou trois quand il y a un pic d’activités (avec toujours la possibilité dans ce cas de sous-traiter soi-même quelques travaux).

Par contre, la simple saisie d’un courrier manuscrit ou d’un devis commercial griffonné à la hâte ne suffit plus. Il faut savoir qu’au cours de ces dernières années, la demande pour ce type de tâches a chuté de plus de 40 %, à cause principalement de l’arrivée massive des micro-ordinateurs et de logiciels d’usage simple. Quel ingénieur, quel commercial n’utilise pas aujourd’hui communément un traitement de texte ou un tableur ?

D’où la nécessité d’apporter autre chose, de modifier son offre pour coller au plus près aux besoins des Pme/Pmi. Hormis la saisie de supports techniques (chimie, pharmacie, architecture, informatique par exemple...) qui nécessite un bon degré de professionnalisme, il faut apporter d’autres compétences qu’une parfaite maîtrise du français et de la syntaxe. Notamment toutes les compétences que ces entreprises ne possèdent pas en interne.

A titre d’exemples, on peut citer : la réalisation de graphiques, l’infographie, la scanérisation d’images, la réalisation de plaquettes produits, le phoning, le recouvrement de créances...

La difficulté de la télésecrétaire sera de vendre ces nouvelles prestations à un prix plus rémunérateur que le simple secrétariat alors que les clients étaient habitués à des prix très faibles.

A noter toutefois que certaines activités à faible valeur ajoutée ont été transférées, libérant ainsi des secrétaires dont le métier a tendance à évoluer vers celui d’assistance de direction, plus technique et plus imbriqué à l’ensemble de la vie de l’entreprise.

Le marché des professions libérales et artisans

Les professions libérales (300.000 personnes) et les artisans (plus de 2 millions) sont la cible privilégiée des télésecrétaires indépendantes qui leur proposent en général la gestion de leur agenda ou de leurs appels téléphoniques.

Les besoins de ces professions sont en effet « théoriquement » importants mais sur le plan culturel, elles ne sont pas toujours prêtes à sous traiter des informations qui sont confidentielles.

Toutes les secrétaires qui se sont lancées sur ce marché ont éprouvé des difficultés importantes à convaincre les artisans et professions libérales à leur confier leurs travaux.

Celles qui avaient un réseau relationnel important ont connu un démarrage beaucoup plus rapide.

Pour toutes, il est nécessaire d’avoir de vraies qualités commerciales pour percer dans le télésecrétatariat : combativité, énergie, enthousiasme, persévérance, organisation commerciale rigoureuse.

Il est très utile de nouer des partenariats avec d’autres prestataires de services qui seront susceptibles « de renvoyer la balle » si leurs propres clients ont des besoins exprimés ou latents en matière de secrétariat.

Les télésecrétaires s’appuieront sur les interlocuteurs « habituels » des chefs d’entreprise comme les comptables, assureurs, imprimeurs, syndicats professionnels, etc….

C’est un travail de longue haleine qui peut prendre plusieurs mois avant que la confiance soit établie et commence à produire des résultats.

En matière de traitement de documents, la demande varie selon la profession. Les avocats, les experts-comptables ou les courtiers d’assurance... seront toujours des clients plus intéressants que les médecins généralistes ou les artisans. Un laboratoire d’analyses médicales aura besoin de relancer les mauvais payeurs, alors que la demande d’un architecte portera plutôt sur la rédaction d’appel à projet.

Toute la démarche commerciale consistera à mettre en adéquation l’offre et la demande. Ainsi, aux experts-comptables, notaires et avocats, il faut proposer de rédiger leurs rapports d’expertise ou de plaidoirie, mais aussi de gérer leurs appels téléphoniques durant leur absence ou pendant qu’ils sont injoignables.

Sur le plan commercial, il est toujours plus efficace de présenter une offre qui soit spécifique aux types de métiers rencontrés. Sur le plan pratique, il pourra être judicieux de créer des fiches commerciales spécifiques à chaque métier plutôt que de présenter une plaquette commerciale générale qui ne répond aux besoins de personne en particulier.

L’intérêt est de bien montrer que l’on connaît les pratiques du métier concerné et que l’on répond par une offre bien adaptée.

L’utilisation du vocabulaire de la profession sera un plus et il ne faut pas omettre de répondre aux objections les plus fréquentes (ex : protection de la confidentialité, maîtrise de la technicité du métier, …).

La généralisation très rapide du matériel informatique chez les particuliers et les indépendants diminue la valeur ajoutée « perçue » par les clients.

Il faut savoir également que les courriers et autres devis émanant d’artisans sont le plus souvent traités par leurs épouses.

Enfin, il est nécessaire d’avoir en portefeuille au moins une quarantaine de clients réguliers, lesquels ne vont pas hésiter, pour quelques francs, à changer de prestataires.


3.   Où localiser une activité de télésecrétariat ?

Même si l’on part du principe qu’une téléactivité, grâce aux technologies de l’information, peut être localisée n’importe où, il ne faut pas perdre de vue que plus on est éloigné des clients, plus les coûts de communication, et notamment les déplacements, seront élevés. Dans la pratique, les télésecrétaires exerçant sur de grandes métropoles ont plus facilement accès à des marchés intéressants.

Le rêve du télésecrétariat à la campagne ne serait-il pas un mythe dans la mesure où le contact  humain avec le client est une nécessité stratégique pour cette activité ?

De nombreuses télésecrétaires exercent une partie de leur activité dans les bureaux même de leurs clients, leur mission s’apparentant plus à un travail de « régie » qu’à une prestation de télésecréatariat.

A moins d’utiliser Internet, les communications téléphoniques sont facturées en fonction du temps mais aussi de la distance. On peut espérer que la mise en concurrence de la boucle locale de France Telecom en janvier 2001 accélérera la baisse des communications locales, nationales et Internet.

Ceci mis à part, un télécentre qui regroupe un pool de télésecrétaires, et qui a besoin par conséquent de locaux importants, aura tout intérêt à s’installer en milieu rural, le prix du mètre carré y étant nettement moins élevé qu’en ville (excepté dans les zones franches), le personnel plus stable (turn-over pratiquement nul), et enfin les primes à la création plus élevées (spécialement dans les zones de revitalisation rurale).

Par contre, si la production peut être éloignée de la clientèle (l’essence même des téléactivités), il est impératif que la force commerciale soit toujours proche de la clientèle.

De ce fait, les télécentres qui ont réussi à la campagne ont rapidement compris qu’il fallait ouvrir un bureau commercial à Paris en embauchant un technico-commercial qui réside en région parisienne. Paris et la région parisienne constituent encore le terrain de chasse privilégié de nombreuses entreprises de télésecrétariat. La concurrence y est certes sévère mais le vivier d’entreprises est tel que les perspectives de développement sont a priori plus élevées qu’ailleurs.

Cependant, dans les villes moyennes (200 000 habitants), la cible sera constituée par les 2 millions de PME/PMI et autres TPE (Très petites entreprises) qui constituent le gros du tissu économique français. La concurrence y est moins sévère mais la clientèle est beaucoup plus difficile à convaincre.

Enfin, dans ces mêmes villes de 200.000 habitants, on recense environ 5 % de professions libérales et d’indépendants, soit 10 000 prospects potentiels et 2 000 prospects réels à travailler avec une persévérance commerciale.


4.       Les facteurs-clés de réussite

On a trop souvent assimilé le télésecrétariat à une activité à faible valeur ajoutée, ne nécessitant pas de connaissances particulières. Si un ordinateur, un fax, une imprimante et quelques logiciels suffisent pour devenir une secrétaire « free lance », l’expérience professionnelle reste l’atout essentiel.

Il ne suffit pas de savoir écrire avec un traitement de texte pour prétendre au titre de télétravailleur indépendant.

Quelques entrepreneurs peu sérieux l’ont appris à leurs dépends, avec comme effet de rétracter la demande d’une clientèle déçue par le manque de qualité des travaux rendus. Sur ce dernier point, de l’avis des télésecrétaires interrogées, il ne faut pas non plus négliger la mauvaise image que ces professionnels improvisés véhiculent sur le marché.

On peut définir assez précisément le profil-type de la télésecrétaire qui réussit :

-           Expérience professionnelle de plusieurs années en tant que secrétaire ou assistante de direction dans un secteur qui lui confère une spécialisation.

-           Parfaite maîtrise des logiciels bureautiques classiques auxquels s’ajoutera un ou deux plus significatifs (Gestion des bases de données comme Access, traitement de photos comme Photoshop ou création de sites Internet comme FrontPage ou Dreamweaver). Une bonne télésecrétaire doit pouvoir être le vecteur d’introduction des nouvelles technologies de communication dans l’entreprise.

-           Très bonne connaissance de l’entreprise, de ses enjeux, de son fonctionnement interne et externe.

-          Qualités humaines personnelles : communication, adaptabilité, efficacité, discrétion.

Pour les télésecrétaires souhaitant exercer en indépendant d’autres qualités et ressources seront nécessaires pour la réussite de leur projet :

-           Qualités commerciales fortes : persévérance, enthousiasme et conviction.

-           Réseau relationnel riche dans la cible d’entreprises visées.

-           Apport financier important pour attendre que le chiffre d’affaires soit suffisant pour vivre de cette activité (100 à 200KF d’apport suivant les prestations proposées).

Si certains cadres, ingénieurs ou informaticiens, poussés par la limite d’âge ou des restructurations d’entreprises ont créé leur propre structure avec leurs indemnités de départ (certains ont même eu la chance de pouvoir sous-traiter dès le départ de gros volumes de travail pour le compte de leur ancienne société), la règle veut que, faute de pouvoir s’entourer de toutes les compétences nécessaires, l’on fasse au départ tout soi-même.

80% des télésecrétaires se sont lancées en effet seules, chez elles, après un licenciement ou une démission, faisant ainsi partie de cette nouvelle génération d’entrepreneurs virtuels « par défaut ».

Cette situation les a conduit vers un isolement qui est très préjudiciable lors des passages à vide.

On se rend compte qu’il est plus difficile paradoxalement de créer une entreprise solo plutôt que de se lancer sur un projet plus important à plusieurs.

Le taux de pérennité à 5 ans des entreprises solos n’est que de 35 %.

Au démarrage, il faut tout faire soi-même c’est-à-dire vendre ses services puis les réaliser (bien souvent une activité donnée la veille doit être rendue le lendemain) jusqu’à ce que le volant d’affaires permette de recruter (250.000 à 300.000 F de chiffre d’affaires par an et par emploi créé).

De nombreuses télésecrétaires n’ont pas hésité, dès le départ, à faire appel à la sous-traitance en intégrant ou en créant un réseau « virtuel de compétences ». L’intérêt est triple, il permet :

·        de dispatcher les surcharges de travail vers d’autres télésecrétaires qui interviennent ponctuellement sur des missions,

·        d’offrir aux clients une palette de services dépassant largement ses propres compétences,

·        et enfin de consacrer le temps nécessaire à la démarche commerciale.

En matière d’équipement informatique, les moyens à mettre en œuvre sont très différents selon les activités traitées. Pour du simple traitement de texte, un micro-ordinateur, une imprimante, une unite de sauvegarde, un modem branché sur l’ordinateur du client et quelques logiciels comme Word, Excel, PowerPoint feront l’affaire. Coût : entre 20 et 25 000 F. Des prestations plus importantes peuvent nécessiter par contre des logiciels spécifiques et donc plus sophistiqués, voire des outils de communication client/serveur (l’entreprise dépose ses données sur le serveur du télécentre après s’être identifiée par un code secret et les récupère selon le même principe).

Une bonne façon de fidéliser le client est de prendre en charge (matériel et frais d’installation) tous les outils qui vont lui permettre de se connecter avec sa structure (modem, logiciels de partage d’application…). Il s’agit certes d’un investissement mais qui s’avère très rapidement utile.

5.     Coût moyen des prestations de télésecrétariat

5.1    La télésecrétaire indépendante

Une télésecrétaire indépendante travaille, en général, à l’heure ou à la page. Elle possède son propre matériel dont elle assure l’entretien. Les frais de communication sont également à sa charge. Elle doit donc facturer au juste prix.

Prix moyen de l’heure : 135 F hors taxe (frappe, relecture et correction de 7 pages en moyenne).

Le tarif est dégressif en fonction du nombre d’heures ou de travaux sur site. S’il y a mise en page ou intégration d’images le coût horaire peut s’élever à 200 F (jusqu’à 500 F s’il y a des travaux d’infographie ou de la conception assistée par ordinateur).

En assistance téléphonique, le coût des 100 appels est en général facturé 400 F hors taxes (tarif moyen du lundi au vendredi). Enfin, des délais très rapides peuvent parfois entraîner une surfacturation.

5.2    Les télécentres

Les télécentres, spécialisés dans l’écrit, proposent à peu près tous les services administratifs (secrétariat, traitement de texte, opérations administratives, suivi de clientèles, traduction...). Ils fournissent le matériel et son adaptation (choix de nouveaux logiciels, matériels plus performants), déchargeant ainsi le client des frais de maintenance et de l’investissement en bureautique.

Prix de base facturé : 180 F de l’heure avec tarif dégressif selon le volume et la qualité de ce qui est à saisir (entre 20 et 25 centimes/mot).

5.3    Les entreprises de télésecrétariat

·        Traitement de texte (courrier, devis, rapport, facture...) : de 35 à 80 F la page selon la quantité et la complexité (termes techniques, juridiques, scientifiques...).

·        Mise en forme de documents en PAO : de 100 à 300 F la page A4 selon la quantité et la complexité de la mise en page.

·        Transcription de K7 (compte rendu de réunion ou de conférence, conseil d’administration, assemblée générale...) : 160 F de l’heure, sachant qu’une minute orale équivaut à 8 minutes de transcription.

·        Scannérisation de photos hors retouches : entre 350 et 400 F format A4 ou 200 F le format 10 x 15 cm.

·        Graphiques, camemberts, courbes... : de 100 à 700 F selon la complexité du travail.

·        Infographie de base : en moyenne 200 F l’illustration avec travail sur devis.

·        Archivage informatique de documents (indexation et numérisation) : de l’ordre de 200 à 300 F de l’heure...

Ce relevé de prix est fourni à titre indicatif et doit inciter les futures télésecrétaires à vérifier sur le terrain, l’étendue de la concurrence et surtout les besoins réels des entreprises de leur zone de chalandise.


[1] Telles sont les caractéristiques décrites par Lisa Fine dans "Machines à écrire ! des claviers et des puces : la traversée du siècle"  Monique Peyriere - Edition Autrement, juin 1994.

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Mise à jour du 23/01/2000. Y. CATHALA - ORT Toulouse
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