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1ère
PARTIE : HISTOIRE ET PERSPECTIVES DU TELESECRETARIAT
SOMMAIRE
1. Brève
histoire du secrétariat
2. Le
télésecrétariat : ses acteurs, ses prestations,
le marché
3.
Où
localiser une activité de télésecrétariat ?
4.
Les facteurs-clés
de réussite
5.
Coût
moyen des prestations de télésecrétariat
1. Brève histoire du
secrétariat
L'histoire
du secrétariat d'entreprise est directement liée à
celle de la machine à écrire.
Avant
1870, le secrétariat était un métier masculin, un
passage souvent obligé pour faire carrière.
Entre
1870 et 1890, la profession se féminise.
Cette
période voit naître la machine à écrire et avec elle
une transformation du métier. Le recrutement des dactylographes
se fait parmi les femmes cultivées de la classe moyenne
américaine, car une des premières qualités –véritable
critère de recrutement de l'époque- est de savoir
jouer du piano en raison de l'agilité des doigts [1]
Dès
1880, les premières écoles de sténodactylographie
sont ouvertes et en 1890 c'est être pionnière que
d'aller vers ces métiers nouveaux où l'on gagne bien
sa vie en faisant un travail propre.
Le
Taylorisme vient alors toucher le monde du bureau
avec la création des pools dactylographiques.
Des
années 20 aux années 70, les choses évoluent peu. Les
dactylos et sténodactylos ont du mal à se faire remarquer
et à sortir du pool pour devenir secrétaires auprès
d'un chef de service.
Les
années 70 sont celles de la tradition et du renforcement
des stéréotypes.
Tout
est parfaitement clair et établi. Les catégories de
secrétaires sont conformes aux conventions collectives.
Les
qualités personnelles requises dans les petites annonces
l'emportent largement sur les compétences techniques.
Peu importe ce que l'on sait faire (hormis la sténo
et la dactylo) dès l'instant où l'on sait être discrète,
diplomate, disponible, débrouillarde, dévouée, devineresse…
Celles
qui ont de l'ambition ont deux voies tracées devant
elles : sortir du secrétariat si elles sont indépendantes
de caractère ou faire carrière dans le secrétariat
en visant le secrétariat de direction.
Les
années 80 voient planer une menace sur la profession. En
effet, dès 1980, le futurologue Alvin Toffler, dans
son ouvrage "Le Bureau du futur", intitule
l'un de ses chapitres : "Faut-il brûler la secrétaire
?".
La
bureautique va bouleverser le métier et ces catégories
professionnelles. Toutes les secrétaires notamment
les plus anciennes, celles qui ont déjà franchi les
échelons du secrétariat, ne sont pas prêtes à relever
le défi. Les plus jeunes, quant à elles, prennent
souvent d'assaut un nouveau créneau où elles veulent
se réaliser.
Les
années 90 sont celles de la suppression des postes
de dactylos et d'opératrices de saisie. Dans le même temps, les
secrétaires spécialisées en comptabilité, bureautique
et secrétariat de direction se retrouvent en tête
de la création d'emplois en France. C'est ce que montrent
deux enquêtes du Céreq (Centre d'Etudes et de Recherches
sur les Qualifications) et du Cnam (Conservatoire
National des Arts et Métiers), citées dans Télétravail
Magazine d'avril-mai 1996.
L'allégement
des tâches, induit par le traitement de texte, les
tableurs et les grapheurs a dégagé du temps pour l'initiative
: les secrétaires d'hier, cantonnées aux travaux répétitifs
de frappe sur machine à écrire, sont progressivement
devenues des assistantes à part entière. L'enrichissement
du travail et son changement de nature ont nécessité
cependant une phase obligatoire d'adaptation liée
à la formation.
Les
années 90 sont aussi celles de la crise de reconnaissance.
En
effet, les secrétaires ont relevé les défis, se sont
adaptées aux nouvelles technologies beaucoup plus
vite que leurs supérieurs ou leurs patrons, mais elles
n'ont pas l'impression d'être reconnues.
C'est
pour cela qu'elles disent vouloir évoluer c'est-à-dire
oser être plus affirmées, moins dépendantes, plus
autonomes.
L'apparition
du télétravail en tant que travail à distance
utilisant l'informatique et les télécommunications
va susciter une seconde révolution dans le secteur
du secrétariat. Avec l'aggravation du chômage,
les horaires contraignants et le temps perdu dans
les transports, les secrétaires d'aujourd'hui voient
dans le télésecrétariat une nouvelle opportunité.
Pour
la première fois, le lieu de production d’une secrétaire
peut être différent de celui de l’utilisateur final
de son travail. Cette rupture géographique permet
d’envisager l’implantation possible de nombreuses
télésecrétaires en n’importe quel point du territoire
français.
Pour
les années à venir, on peut, sans se tromper, affirmer
que le travail des télésecrétaires va être profondément
modifié par le développement rapide d’Internet
dans les milieux économiques.
C’est
une nouvelle chance (ou une nouvelle menace) qu’elles
devront saisir pour développer leur capacité à être
un soutien efficace du développement des entreprises.
2.
Le télésecrétariat
2.1
Ses acteurs
Le
secrétariat, parce qu'il est au cœur de la transformation
des conditions de transmission de l'information, est
l'un des premiers métiers à être concerné par le travail
à distance.
Aujourd'hui,
les 2 000 sociétés qui proposent des prestations de
télésecrétariat s'introduisent dans les grandes compagnies
de la banque ou de l'assurance (Avenir, filiale de
l'UAP, MAAF, La Concorde), ou dans les grands groupes
industriels (EDF), en leur proposant une facturation
en fonction du nombre d'appels traités et de la charge
de travail effectivement réalisée.
Cette
nouvelle activité a fait rêver de nombreux territoires
ruraux qui ont vu dans cette activité la possibilité
de fixer des emplois à la campagne.
De
nombreuses expériences ont été tentées dans les années
90 sous l’impulsion de collectivités locales qui ont
été encouragées par les pouvoirs publics. De nombreux
colloques portent sur ce thème. La DATAR a d’ailleurs
lancé de nombreux appels à projet sur le Télétravail.
Les
succès n’ont pas toujours été au rendez-vous. En effet,
certaines communautés de communes ont aménagé, à grands
frais, des Télécentres qui ont été désertés deux années
plus tard après l’échec des entreprises.
Aujourd’hui,
la mode des télécentres basés sur le télésecrétariat
est heureusement passée car on connaît la difficulté
de viabiliser une telle activité éloignée des grands
centres économiques.
L’arrivée,
sur ce marché, de pays à faible coût de main-d’œuvre
comme le Maghreb ou l’Inde a contribué à accélérer
la non-rentabilité de cette activité.
La
création d’entreprises de télésecrétariat est aujourd’hui
le fait de femmes qui créent leur propre emploi en
valorisant leur expérience antérieure de secrétaire
classique.
Par
ailleurs, d'après une enquête du magazine « Secrétaires
et Assistantes » datant de 1997, 70 % des secrétaires
interrogées sont séduites par le télésecrétariat,
quelques milliers se lancent. Il est difficile d'obtenir
une estimation précise, ces données étant considérées
comme confidentielles par le SIST (Chambre professionnelle
nationale des téléservices) et aucun code d’activité
précis ne permet d’isoler le nombre d’entreprises
opérant dans ce secteur.
Ce
phénomène d’entreprises solos
est une caractéristique marquante de l’évolution économique
du secteur du télésecrétariat.
Une
autre voie, plus prometteuse, est aujourd’hui engagée
à proximité des grandes métropoles c’est le
télépendulaire.
Le
principe, qui s’adresse à des salarié(e)s d’entreprises,
consiste à leur proposer de travailler deux ou trois
jours dans leur entreprise et le reste de la semaine
dans un télécentre situé à proximité de leur domicile.
L’intérêt
de cette démarche est triple :
· la
télésecrétaire garde un contact humain et fonctionnel
avec l’entreprise qui l’emploie, elle rompt ainsi
l’isolement qui est l’une des plus grandes difficultés
de ce métier,
· l’entreprise
a l’impression de mieux piloter et contrôler le travail
de sa secrétaire à distance,
· des
économies de loyer et d’équipement sont possibles
pour l’entreprise puisque les télécentres mutualisent
leurs ressources techniques entre plusieurs entreprises.
De
nombreuses expériences sont en cours et pourraient
déboucher sur des exploitations plus pérennes que
les précédentes (région parisienne, Nord de la France).
2.2
Ses prestations
Le
télésecrétariat, qu’il soit exercé en mode salarial
ou en prestataire de services, recouvre une large
gamme de prestations qui s’élargit avec l’évolution
rapide des technologies de la communication.
On
peut simplement constater que plus la prestation a
une valeur ajoutée élevée, plus les chances de survie
économique sont fortes.
Dans
de nombreux cas la notion de secrétariat est largement
dépassée.
Pour
une salariée, on parlera plus d’un « poste d’assistante
polyvalente » et pour une créatrice « d’entreprise
de téléservices ».
Les principaux téléservices fonctionnels proposés
|
·
Courrier
·
Devis
·
Edition
de factures
·
Rapports
(expertise, étude, conseil)
·
Tableaux
·
Mise
en page de documents techniques
·
Compte-rendu
de réunion
·
Transcription
de K7
·
Plaquettes
publicitaires
·
Digitalisation
de documents
·
Intégration
d’images
·
Infographie
·
Traduction
en langues étrangères
·
Saisie
d’écritures comptables
·
Feuilles
de paie
|
·
Réalisation
de transparents
·
Mailing
ET MARKETING DIRECT
·
Recouvrement
de créances
·
PHONING
ET TELEMARKETING
·
CENTRE
D’APPEL
·
Conception
assistée par ordinateur (CAO)
·
Dessin
assisté par ordinateur (DAO)
·
Publication
assistée par ordinateur (PAO)
·
Développement
de logicielS
·
Archivage
de documents
·
Gestion
ET SAUVEGARDE de fichiers A DISTANCE
·
CREATION
ET MAINTENANCE DE SITES INTERNET
·
TELEMAINTENANCE
EN INFORMATIQUE
|
2.3
Le marché du télésecrétariat
Les
entreprises qui font appel à des entreprises de téléservices
le font en priorité :
·
pour
satisfaire des besoins ponctuels ne nécessitant pas
la création d’un emploi à temps plein ou même à mi-temps,
·
pour
accéder à des compétences inexistantes dans l’entreprise
et qu’il serait trop coûteux ou trop long à intégrer
et former en interne,
·
pour
faire face à une surcharge de travail (secrétaires
débordées, arrêt maladie, problème de courrier en
retard ou de surcroît temporaire d’activité...),
·
dans
le cadre d’un mouvement de fond des entreprises qui
externalisent de plus en plus des services
internes pour se consacrer exclusivement à leur cœur
de métier.
Il
arrive d’ailleurs que certains télécentres ou prestataires
de téléservices, lorsque la situation le nécessite
(là encore surcharge de travail ou compétence inexistante)
aient eux-mêmes recours à des sous-traitants (télésecrétaires
free-lance par exemple).
Les
raisons principalement évoquées par les entreprises
sont donc une plus grande souplesse d’organisation
et une meilleure gestion des variations d’activité.
Sans oublier, bien sûr, la notion de coût.
Externaliser des activités tertiaires vers des télécentres
ou des télétravailleurs indépendants permet, globalement,
de réaliser des gains de l’ordre de 20 à 40 %. Le
contrat de travail est en effet remplacé, dans ce
cas, par un contrat commercial, beaucoup plus « rentable
et souple » (ni déclaration préalable d’embauche,
ni feuille de paye, ni calcul de charges...). On ne
loue plus le temps d’une personne, on achète un résultat.
Ceci
dit, les entreprises n’ont bien sûr pas toutes les
mêmes besoins. Plus elles sont de faible dimension
(moins de dix salariés), plus elles expriment des
besoins plus polyvalents par rapport aux télésecrétaires
qui devront remplir des missions très variées (administratif,
commercial, comptable, accueil téléphonique). Les
entreprises un peu plus grandes manifestent des besoins
plus spécifiques et rechercheront des « expertes »
dans un domaine précis (téléprospection, gestion des
fiches de paye, création du fichier commercial).
Dans
tous les cas de figure, le secrétariat de base (frappe
du courrier) occupera une part de plus en plus
faible dans les demandes des entreprises.
Les
besoins en télésecrétariat sont plus importants également
dans le secteur tertiaire que dans les secteurs industriel
et agricole.
Les
entreprises semblent identifier par elles-mêmes leurs
besoins, et donc les meilleures opportunités de recours
aux télésecrétaires. Elles ont affaire le plus souvent
au même prestataire dès lors que celui-ci répond à
leurs attentes.
A
noter enfin que les entreprises qui ont arrêté d’utiliser
ce type de services l’ont fait essentiellement parce
qu’elles ont intégré les compétences, ou suite à une
baisse d’activité.
Les besoins en télésecrétariat les plus
souvent
émis par secteur d’activité
Assurance
|
rapports
de prévention, rapports d’expertise, déclarations
de sinistres…
|
|
Banque
|
courriers d’information, documents marketing, transcription
de réunions, de conseils d’administration...
|
|
Recouvrement
|
courriers de relance clients ou fournisseurs...
|
|
Expertise
|
rapports d’expertise, devis technique...
|
|
Organismes
de contrôle
|
dossiers de mise en conformité, dossiers techniques,
rapports d’expertise...
|
|
Services
publics
|
archivage de documents électroniques, courriers d’information,
dossiers d’appel d’offres...
|
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Industrie
|
devis, factures, descriptifs, rapports techniques...
|
|
Communication
|
plaquettes, documents commerciaux, mailing...
|
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Informatique
|
fiches techniques, courriers d’information, documentation...
|
|
Professions
libérales
|
gestion des appels téléphoniques, rapports, courriers, appels
d’offres...
|
|
|
|
Il
faut savoir que les besoins d’externalisation d’un
grand compte et d’une Pme/Pmi ne sont pas les mêmes ;
et qu’il existe un monde entre cette dernière et l’artisan
ou la profession libérale.
Le marché des grandes entreprises
Les
grandes entreprises possèdent en général toutes les
compétences et l’infrastructure pour exercer l’ensemble
de leurs activités. Dans ces conditions les prestataires
de télésecrétariat ne peuvent espérer se voir confier
autre chose que la saisie de documents, éventuellement
la transcription de K7.
Par
contre, les grandes entreprises ont tendance à s’adresser
plutôt à de « grosses » structures de télésecrétariat
qui ont fait leur preuve et seules capables de traiter
des volumes importants (parfois plus de 200 pages/jour).
Picardie
Téléservices, une dizaine de salariés, a ainsi décroché
auprès de la CNAM un marché de près de 4 millions
de francs (plusieurs centaines de milliers de pages
à saisir) sur trois ans, ainsi que le traitement des
déclarations de sinistres de l’UAP.
Le marché des PME/PMI
Sur
ce segment les travaux demandés ne nécessitent, la
plupart du temps, qu’une télésecrétaire, voire deux
ou trois quand il y a un pic d’activités (avec toujours
la possibilité dans ce cas de sous-traiter soi-même
quelques travaux).
Par
contre, la simple saisie d’un courrier manuscrit ou
d’un devis commercial griffonné à la hâte ne suffit
plus. Il faut savoir qu’au cours de ces dernières
années, la demande pour ce type de tâches a chuté
de plus de 40 %, à cause principalement de l’arrivée
massive des micro-ordinateurs et de logiciels d’usage
simple. Quel ingénieur, quel commercial n’utilise
pas aujourd’hui communément un traitement de texte
ou un tableur ?
D’où
la nécessité d’apporter autre chose, de modifier son
offre pour coller au plus près aux besoins des Pme/Pmi.
Hormis la saisie de supports techniques (chimie, pharmacie,
architecture, informatique par exemple...) qui nécessite
un bon degré de professionnalisme, il faut apporter
d’autres compétences qu’une parfaite maîtrise du français
et de la syntaxe. Notamment toutes les compétences
que ces entreprises ne possèdent pas en interne.
A
titre d’exemples, on peut citer : la réalisation
de graphiques, l’infographie, la scanérisation d’images,
la réalisation de plaquettes produits, le phoning,
le recouvrement de créances...
La
difficulté de la télésecrétaire sera de vendre ces
nouvelles prestations à un prix plus rémunérateur
que le simple secrétariat alors que les clients étaient
habitués à des prix très faibles.
A
noter toutefois que certaines activités à faible valeur
ajoutée ont été transférées, libérant ainsi des secrétaires
dont le métier a tendance à évoluer vers celui d’assistance
de direction, plus technique et plus imbriqué à l’ensemble
de la vie de l’entreprise.
Le marché des professions libérales
et artisans
Les
professions libérales (300.000 personnes) et les artisans
(plus de 2 millions) sont la cible privilégiée
des télésecrétaires indépendantes qui leur proposent
en général la gestion de leur agenda ou de leurs appels
téléphoniques.
Les
besoins de ces professions sont en effet « théoriquement »
importants mais sur le plan culturel, elles ne sont
pas toujours prêtes à sous traiter des informations
qui sont confidentielles.
Toutes
les secrétaires qui se sont lancées sur ce marché
ont éprouvé des difficultés importantes à convaincre
les artisans et professions libérales à leur confier
leurs travaux.
Celles
qui avaient un réseau relationnel important ont connu
un démarrage beaucoup plus rapide.
Pour
toutes, il est nécessaire d’avoir de vraies qualités
commerciales pour percer dans le télésecrétatariat :
combativité, énergie, enthousiasme, persévérance,
organisation commerciale rigoureuse.
Il
est très utile de nouer des partenariats avec d’autres
prestataires de services qui seront susceptibles « de
renvoyer la balle » si leurs propres clients ont des
besoins exprimés ou latents en matière de secrétariat.
Les
télésecrétaires s’appuieront sur les interlocuteurs
« habituels » des chefs d’entreprise comme
les comptables, assureurs, imprimeurs, syndicats professionnels,
etc….
C’est un travail de
longue haleine qui peut prendre plusieurs mois avant que la confiance soit établie
et commence à produire des résultats.
En
matière de traitement de documents, la demande varie
selon la profession. Les avocats, les experts-comptables
ou les courtiers d’assurance... seront toujours des
clients plus intéressants que les médecins généralistes
ou les artisans. Un laboratoire d’analyses médicales
aura besoin de relancer les mauvais payeurs, alors
que la demande d’un architecte portera plutôt sur
la rédaction d’appel à projet.
Toute
la démarche commerciale consistera à mettre en adéquation
l’offre et la demande. Ainsi, aux experts-comptables,
notaires et avocats, il faut proposer de rédiger leurs
rapports d’expertise ou de plaidoirie, mais aussi
de gérer leurs appels téléphoniques durant leur absence
ou pendant qu’ils sont injoignables.
Sur le plan commercial, il est toujours plus efficace
de présenter une offre qui soit spécifique aux types
de métiers rencontrés. Sur le plan pratique, il pourra
être judicieux de créer des fiches
commerciales spécifiques à chaque métier plutôt que de présenter une plaquette commerciale générale
qui ne répond aux besoins de personne en particulier.
L’intérêt est de bien montrer que l’on connaît les pratiques
du métier concerné et que l’on répond par une offre
bien adaptée.
L’utilisation du vocabulaire de la profession sera un
plus et il ne faut pas omettre de répondre aux objections
les plus fréquentes (ex : protection de la confidentialité,
maîtrise de la technicité du métier, …).
La généralisation très rapide du matériel informatique
chez les particuliers et les indépendants diminue la valeur ajoutée « perçue »
par les clients.
Il
faut savoir également que les courriers et autres
devis émanant d’artisans sont le plus souvent traités
par leurs épouses.
Enfin, il est nécessaire d’avoir en portefeuille au moins
une quarantaine de clients réguliers, lesquels ne
vont pas hésiter, pour quelques francs, à changer
de prestataires.
3.
Où localiser une activité de télésecrétariat ?
Même si l’on part du principe qu’une téléactivité, grâce
aux technologies de l’information, peut être localisée
n’importe où, il ne faut pas perdre de vue que plus
on est éloigné des clients, plus les coûts de communication,
et notamment les déplacements, seront élevés. Dans
la pratique, les télésecrétaires exerçant sur de grandes
métropoles ont plus facilement accès à des marchés
intéressants.
Le
rêve du télésecrétariat à la campagne ne serait-il
pas un mythe
dans la mesure où le contact humain avec le client
est une nécessité stratégique pour cette activité ?
De nombreuses télésecrétaires exercent une partie de
leur activité dans les bureaux même de leurs clients,
leur mission s’apparentant plus à un travail de « régie »
qu’à une prestation de télésecréatariat.
A
moins d’utiliser Internet, les communications téléphoniques
sont facturées en fonction du temps mais aussi de
la distance. On peut espérer que la mise en concurrence
de la boucle locale de France Telecom en janvier 2001
accélérera la baisse des communications locales, nationales
et Internet.
Ceci
mis à part, un télécentre qui regroupe un pool de
télésecrétaires, et qui a besoin par conséquent de
locaux importants, aura tout intérêt à s’installer
en milieu rural, le prix du mètre carré y étant nettement
moins élevé qu’en ville (excepté dans les zones franches),
le personnel plus stable (turn-over pratiquement nul),
et enfin les primes à la création plus élevées (spécialement
dans les zones de revitalisation rurale).
Par
contre, si la production peut être éloignée de la
clientèle (l’essence même des téléactivités), il
est impératif que la force commerciale soit toujours
proche de la clientèle.
De
ce fait, les télécentres qui ont réussi à la campagne
ont rapidement compris qu’il fallait ouvrir un bureau
commercial à Paris en embauchant un technico-commercial
qui réside en région parisienne. Paris et la région
parisienne constituent encore le terrain de chasse
privilégié de nombreuses entreprises de télésecrétariat.
La concurrence y est certes sévère mais le vivier
d’entreprises est tel que les perspectives de développement
sont a priori plus élevées qu’ailleurs.
Cependant,
dans les villes moyennes (200 000 habitants), la cible
sera constituée par les 2 millions de PME/PMI et autres
TPE (Très petites entreprises) qui constituent le
gros du tissu économique français. La
concurrence y est moins sévère mais la clientèle est
beaucoup plus difficile à convaincre.
Enfin,
dans ces mêmes villes de 200.000 habitants, on recense
environ 5 % de professions libérales et d’indépendants,
soit 10 000 prospects potentiels et 2 000 prospects
réels à travailler avec une persévérance commerciale.
4. Les
facteurs-clés de réussite
On a trop souvent assimilé le télésecrétariat à une activité
à faible valeur ajoutée, ne nécessitant pas de connaissances
particulières. Si un ordinateur, un fax, une imprimante
et quelques logiciels suffisent pour devenir une secrétaire
« free lance », l’expérience professionnelle
reste l’atout essentiel.
Il
ne suffit pas de savoir écrire avec un traitement
de texte pour prétendre au titre de télétravailleur
indépendant.
Quelques
entrepreneurs peu sérieux l’ont appris à leurs dépends,
avec comme effet de rétracter la demande d’une clientèle
déçue par le manque de qualité des travaux rendus.
Sur ce dernier point, de l’avis des télésecrétaires
interrogées, il ne faut pas non plus négliger la mauvaise
image que ces professionnels improvisés véhiculent
sur le marché.
On
peut définir assez précisément le
profil-type de la télésecrétaire
qui réussit :
-
Expérience
professionnelle de plusieurs années en tant que secrétaire
ou assistante de direction dans un secteur qui lui
confère une spécialisation.
-
Parfaite
maîtrise des logiciels bureautiques classiques auxquels
s’ajoutera un
ou deux plus significatifs
(Gestion des bases de données comme Access, traitement
de photos comme Photoshop ou création de sites Internet
comme FrontPage ou Dreamweaver). Une bonne télésecrétaire
doit pouvoir être le
vecteur d’introduction des nouvelles technologies
de communication dans l’entreprise.
-
Très
bonne connaissance de l’entreprise, de ses enjeux,
de son fonctionnement interne et externe.
-
Qualités
humaines personnelles : communication, adaptabilité,
efficacité, discrétion.
Pour les télésecrétaires souhaitant
exercer en indépendant d’autres qualités et ressources seront
nécessaires pour la réussite de leur projet :
-
Qualités
commerciales fortes : persévérance, enthousiasme
et conviction.
-
Réseau
relationnel riche dans la cible d’entreprises visées.
-
Apport
financier important pour attendre que le chiffre d’affaires
soit suffisant pour vivre de cette activité (100 à
200KF d’apport suivant les prestations proposées).
Si
certains cadres, ingénieurs ou informaticiens, poussés
par la limite d’âge ou des restructurations d’entreprises
ont créé leur propre structure avec leurs indemnités
de départ (certains ont même eu la chance de pouvoir
sous-traiter dès le départ de gros volumes de travail
pour le compte de leur ancienne société), la règle
veut que, faute de pouvoir s’entourer de toutes les
compétences nécessaires, l’on fasse au départ tout
soi-même.
80%
des télésecrétaires se sont lancées en effet seules,
chez elles, après un licenciement ou une démission,
faisant ainsi partie de cette nouvelle
génération d’entrepreneurs virtuels « par défaut ».
Cette situation les a conduit vers un isolement qui est
très préjudiciable lors des passages à vide.
On se rend compte qu’il est plus difficile paradoxalement
de créer une entreprise solo plutôt que de se lancer
sur un projet plus important à plusieurs.
Le
taux de pérennité à 5 ans des entreprises solos n’est
que de 35 %.
Au
démarrage, il faut tout faire soi-même c’est-à-dire
vendre ses services puis les réaliser (bien souvent
une activité donnée la veille doit être rendue le
lendemain) jusqu’à ce que le volant d’affaires permette
de recruter (250.000 à 300.000 F de chiffre d’affaires
par an et par emploi créé).
De nombreuses télésecrétaires n’ont pas hésité, dès le
départ, à faire appel à la sous-traitance en intégrant
ou en créant un réseau « virtuel de compétences ».
L’intérêt est triple, il permet :
·
de
dispatcher les surcharges de travail vers d’autres
télésecrétaires qui interviennent ponctuellement sur
des missions,
·
d’offrir
aux clients une palette de services dépassant largement
ses propres compétences,
·
et
enfin de consacrer le temps nécessaire à la démarche
commerciale.
En
matière d’équipement informatique, les moyens à mettre
en œuvre sont très différents selon les activités
traitées. Pour du simple traitement de texte, un micro-ordinateur,
une imprimante, une unite de sauvegarde, un modem
branché sur l’ordinateur du client et quelques logiciels
comme Word, Excel, PowerPoint feront l’affaire. Coût :
entre 20 et 25 000 F. Des prestations plus importantes
peuvent nécessiter par contre des logiciels spécifiques
et donc plus sophistiqués, voire des outils de communication
client/serveur (l’entreprise dépose ses données sur
le serveur du télécentre après s’être identifiée par
un code secret et les récupère selon le même principe).
Une bonne façon de fidéliser le client est de prendre
en charge (matériel et frais d’installation) tous
les outils qui vont lui permettre de se connecter
avec sa structure (modem, logiciels de partage d’application…).
Il s’agit certes d’un investissement mais qui s’avère
très rapidement utile.
5.
Coût moyen des prestations de télésecrétariat
5.1
La télésecrétaire indépendante
Une télésecrétaire indépendante travaille, en général,
à l’heure ou à la page. Elle possède son propre matériel
dont elle assure l’entretien. Les frais de communication
sont également à sa charge. Elle doit donc facturer
au juste prix.
Prix
moyen de l’heure : 135 F hors taxe (frappe, relecture et correction de 7 pages en moyenne).
Le
tarif est dégressif en fonction du nombre d’heures
ou de travaux sur site. S’il y a mise en page ou intégration
d’images le coût horaire peut s’élever à 200 F (jusqu’à
500 F s’il y a des travaux d’infographie ou de la
conception assistée par ordinateur).
En
assistance téléphonique, le coût des 100 appels est
en général facturé 400 F hors taxes (tarif moyen du
lundi au vendredi). Enfin, des délais très rapides
peuvent parfois entraîner une surfacturation.
5.2
Les télécentres
Les
télécentres, spécialisés dans l’écrit, proposent à
peu près tous les services administratifs (secrétariat,
traitement de texte, opérations administratives, suivi
de clientèles, traduction...). Ils fournissent le
matériel et son adaptation (choix de nouveaux logiciels,
matériels plus performants), déchargeant ainsi le
client des frais de maintenance et de l’investissement
en bureautique.
Prix
de base facturé : 180 F de l’heure avec tarif dégressif selon le volume et la qualité de
ce qui est à saisir (entre 20 et 25 centimes/mot).
5.3
Les entreprises de télésecrétariat
·
Traitement de texte
(courrier, devis, rapport, facture...) : de 35
à 80 F la page selon la quantité et la complexité
(termes techniques, juridiques, scientifiques...).
·
Mise en forme de documents en PAO :
de 100 à 300 F la page A4 selon la quantité et la
complexité de la mise en page.
·
Transcription de K7
(compte rendu de réunion ou de conférence, conseil
d’administration, assemblée générale...) : 160
F de l’heure, sachant qu’une minute orale équivaut
à 8 minutes de transcription.
·
Scannérisation de photos hors retouches :
entre 350 et 400 F format A4 ou 200 F le format
10 x 15 cm.
·
Graphiques, camemberts, courbes... :
de 100 à 700 F selon la complexité du travail.
·
Infographie de base :
en moyenne 200 F l’illustration avec travail sur devis.
·
Archivage informatique de documents
(indexation
et numérisation) : de l’ordre de 200 à 300
F de l’heure...
Ce relevé de prix est fourni à titre
indicatif et doit inciter les futures télésecrétaires
à vérifier sur le terrain, l’étendue de la concurrence
et surtout les besoins réels des entreprises de leur
zone de chalandise.
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