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3ème
PARTIE : LA CREATION D’UNE
ENTREPRISE DE TELESECRETARIAT
SOMMAIRE
1.
La
définition du projet
2.
L’étude de marché
3.
L’étude
financière
4.
Le
choix du statut juridique de l’entreprise
5.
La
préparation des formalités administratives
Une
télésecrétaire peut travailler à son compte pour plusieurs
entreprises clientes et développer ainsi une nouvelle
entreprise de télésecrétariat ou de téléservices.
Pour
avoir les meilleures chances de réussite, le(la) créateur(trice)
d’entreprise doit respecter les 5 étapes suivantes :
1-
définition du projet.
2-
étude de marché.
3-
étude financière.
4-
choix du statut juridique.
5-
préparation des formalités administratives
.
1ère Etape : LA DEFINITION DU PROJET
Cette
étape a pour vocation de transformer une idée en un
projet réfléchi. Elle oblige le futur créateur à mener
une réflexion approfondie autour de son idée, mais
aussi de vérifier ci cette dernière s’inscrit dans
le cadre d’un projet de vie et correspond à ses propres
goûts et aptitudes personnels.
Afin d’approfondir l’idée, il convient :
-
De définir plus précisément
le service à réaliser ainsi que les prix et tarifs.
-
De recueillir un maximum d’informations
sur le service, ainsi que l’avis de spécialistes.
-
D’analyser, avec réalisme,
ses propres compétences
sur le plan technique, commercial et
gestion.
- De
définir a priori la cible (les clients).
-
De cerner les contraintes
liés au marché (les concurrents par exemple).
- De
cerner les moyens à mobiliser afin de réaliser le
projet.
-
De savoir si le projet peut
se réaliser seul, avec d’autres associés, s’il doit
nécessiter l’embauche de salariés.
-
De définir l’endroit
où le projet pourra se réaliser et mesurer les interactions
inévitables qui vont se produire entre cette future
activité et la vie privée et familiale.
Ce travail préalable doit déboucher
sur un plan d’action personnel très
précis pour compenser ses
propres faiblesses et valoriser ses points forts.
Il est indispensable de se poser les questions
suivantes et d’y répondre :
-
Quels
sont mes objectifs personnels et professionnels ?
-
Quels
sont mes contraintes personnelles ?
-
Quels
sont mes goûts et aptitudes ?
-
Quelle
est ma motivation et mon enthousiasme ?
Un
planning détaillé, sur les 6 prochains mois, doit
être établi car le temps passe vite lorsque l’on souhaite
créer une entreprise.
Il
est très motivant de se fixer des objectifs quantifiables que l’on peut facilement
contrôler.
Exemples :
-
Nombre de coups de téléphone
hebdomadaires passés vers des prospects
-
Nombre des prospects rencontrés
pendant ces 6 mois
-
Objectif minimum de chiffre
d’affaires à « signer » pour prendre la
décision de créer l’entreprise
Ne pas oublier de prendre des vacances
et d’effectuer des « week ends salutaires »
car il faut reprendre des forces et « s’aérer
l’esprit » pour mieux affronter un parcours difficile.
2ème
Etape : L’ETUDE DE MARCHE
L’objectif
de l’étude de marché est de recueillir le maximum
d’informations sur la clientèle potentielle (ses besoins
et attentes), sur les concurrents et l’environnement
de la future activité.
L’étude de marché permet donc avant de
se lancer, de vérifier que le service proposé correspond
bien à une demande c’est à dire que la clientèle visée
existe bien et est suffisamment nombreuse. Elle permet
également de définir plus précisément le produit ou
le service en fonction de la clientèle, de fixer des
prix correspondant au marché, de définir les moyens
de communication les mieux adaptés en fonction de
la cible, d’estimer des parts de marché.
Pour être pertinente, une étude de marché
doit donc permettre d’obtenir des informations générales
et précises sur le marché afin de pouvoir en tirer
des déductions et mettre
en place une stratégie commerciale.
De nombreux projets échouent faute d’avoir
mené au préalable une étude de marché efficace. On
estime qu’à peine un tiers des créateurs effectuent
une étude de marché vraiment sérieuse.
Il
est souhaitable de réaliser soi-même cette étude de
marché, il convient, autant
que faire ce peut, de privilégier les enquêtes sur
le terrain, rencontrer des clients potentiels, prendre
contact avec des organisations professionnelles et
leur montrer le service que l’on souhaite proposer.
On peut également recueillir des informations
auprès de l’Institut National de la Statistique et
des Etudes Economique (I.N.S.E.E ) et des Chambres
de Commerce et d’Industrie.
Il est possible de se faire aider pour
la réalisation de cette étude de marché. Une première
solution consiste à obtenir une subvention grâce au
Fonds Régional d’Aide au Conseil qui peut financer,
dans certains cas, 80 % du prix d’une étude de marché
réalisée par un Cabinet spécialisé. Pour les projets
moins ambitieux, les créateurs
suivront un stage de formation à la création d’entreprise
qui leur donnera tous les outils et méthodologies
nécessaires à un travail de fonds. Ce type de formation
coûte environ 1 000 F aux demandeurs d’emploi.
Pour
réussir une étude de marché, trois techniques sont
utilisées en même temps :
1- Etude documentaire
sur l’environnement du marché, la concurrence et l’évolution
technologique. Plusieurs sources sont analysées :
les revues économiques et spécialisées, les syndicats
professionnels, Internet qui est très riche dans ce
domaine.
2- Rencontres avec les
experts
du télésecrétariat et téléservices. Nous recommandons
de rencontrer des télésecrétaires qui exercent déjà
en indépendant, leurs syndicats professionnels et
des clients qui consomment ce type de services.
3- Elaboration d’un questionnaire qui
sera passé en face-à-face et par téléphone auprès
de prospects identifiés au préalable. C’est une étape
décisive dans l’étude de marché car elle permet de
confronter en direct son offre de service et de recueillir
les objections ou les points d’appui qui permettront
de vendre.
Une étude de marché nécessite, en règle
générale, de 3 à 6 mois pour un projet de téléservices
et occupe plus de 60 % du temps de travail
disponible du créateur d’entreprise.
Elle conduit inévitablement (et c’est
bon signe) à une modification importante du projet
initial qui aura été confronté à la réalité du marché.
Cette étude préalable permet de vérifier
la capacité commerciale du futur
créateur d’entreprise :
-
Est-il efficace pour
prendre des RDV par téléphone ?
-
Sa plaquette est-elle
un reflet vendeur et réaliste de son savoir-faire ?
-
Combien faut-il de rendez-vous
en face-à-face pour obtenir une commande ?
-
La peur du commercial et de
l’inconnu ont-ils été surmontés ?
-
Y a-t-il une combativité réelle
et une résistance à l’échec ?
-
A-t-il pu nouer des partenariats
porteurs pour l’avenir de son entreprise ?
C’est
la raison pour laquelle nous recommandons fortement
que l’étude de marché soit réalisée,
au moins aux deux tiers, par la future télésecrétaire
qui va ainsi se mettre en action sur le terrain et
vérifier qu’elle est bien faite pour ce métier où
le commercial est stratégique pour
sa survie économique.
3ème Etape : L’ETUDE FINANCIERE
Un plan d’affaire (business plan) comprend
outre l’analyse de ses compétences et l’étude de marché
abordées précédemment, un dossier financier dont l’objectif
est d’autant de cerner la rentabilité du projet que
de faire une projection sur les années à venir de
la situation financière de l’entreprise.
1.
Le compte de résultat prévisionnel
Ce document comptable vise à prévoir,
sur 3 ans, l’ensemble des charges (dépenses) et l’ensemble
des produits (recettes).
La différence entre les charges et les
produits permet de s’assurer que l’activité dégage
un reliquat de produit positif par rapport aux charges
c’est à dire un bénéfice. C’est un document prévisionnel
qui intéresse fortement le banquier.
Le tableau présenté à la page suivante
constitue un modèle selon lequel le compte de résultat
peut être établi.
COMPTE
DE RESULTAT PREVISIONNEL
| |
1ère
année
|
2ème
année
|
3ème
année
|
PRODUITS
HT
Produits
d’exploitation :
Prestations de service, honoraires…
Produits
financiers
Produits
exceptionnels
TOTAL :
|
|
|
|
CHARGES
HT
Achats :
Achat de matières 1ère
Achats non stockés
Achats de fournitures de bureau
Autres Achats
Services
extérieurs :
Entretien, réparation, loyer, crédit
bail….
Autres
services extérieurs :
Publicité, services bancaires, frais
de poste…..
Impôts
et taxes et versements assimilés
Salaires
et traitements
Charges
sociales
Dotations
aux amortissements
Charges
financières :
Intérêt d’emprunt
TOTAL :
|
|
|
|
|
RESULTAT
AVANT IMPOT :
IMPOT SUR LES BENEFICES :
RESULTAT APRES IMPOT :
|
|
|
|
2.
Le plan de financement de départ
L’objectif est de vérifier que les ressources
financières sont suffisantes pour couvrir les besoins
financiers lors du démarrage de l’activité.
Dans la mesure où les ressources sont
insuffisantes, il faudra faire appel à un financement
externe que ce soit un concours bancaire ou des nouveaux
associés qui apporteront des fonds propres.
Le tableau présenté à la page suivante
constitue un modèle selon lequel le plan de financement
initial peut être établi.
PLAN
DE FINANCEMENT INITIAL
|
BESOINS :
Frais d’Etablissement
Investissements
Besoins en fonds de roulement
Remboursement d’emprunts
TOTAL
DES BESOINS :
RESSOURCES :
Apport personnel
Apport des associés
Subventions (très rares !)
Emprunt à moyen ou long terme
TOTAL
DES RESSOURCES :
DIFFERENCE :
|
|
Le besoin en fonds de roulement (BFR)
représente les besoins de trésorerie engendrés par
le décalage entre les encaissements et les décaissements.
Il correspond à la différence entre :
les décaissements issus d’un volant de charges courantes
engagées en permanence, augmentées des délais de paiement
que l’on a accordé aux clients et les facilités de
paiement consenties par les fournisseurs.
3.
Le Plan de Trésorerie
L’objectif du plan de trésorerie est de
s’assurer que l’entreprise ne rencontrera pas de difficultés
temporaires de trésorerie et qu’elle pourra, mois
par mois, faire face à ses engagements financiers.
Le plan de trésorerie permet de prévoir
les décaissements (sorties d’argent ) et encaissements
(rentrées d’argent ) mois par mois.
Il convient de dresser un tableau faisant
apparaître sur 12 mois les différentes rentrées et
sorties d’argent dans la colonne du mois où elles
doivent se produire.
On s’assurera que l’on ne rencontrera
pas de problèmes de trésorerie en calculant le solde
(encaissements – décaissements ) tous les mois, ainsi
que le solde cumulé d’un mois sur l’autre.
Il faut avoir à l’esprit que le banquier
accordera difficilement au créateur une facilité de
caisse ou découvert.
Le
seul choix possible,
pendant les premiers mois d’activité, est de
maintenir son solde au-dessus de
zéro.
Souvent
la seule solution possible est de ne pas se payer
au démarrage au risque de mettre
son entreprise (ou sa famille) en grande difficulté.
Un solde négatif est significatif de difficultés
qu’il faudra anticiper et pour lesquelles il faut
trouver une solution avant le démarrage.
Le tableau de la page suivante constitue
un modèle selon lequel le plan de trésorerie initial
peut être établi.
C’est, pour le chef d’entreprise,
le tableau de bord essentiel
qu’il est essentiel de réactualiser
tous les mois sur un calendrier glissant de 6 mois.
Les télésecrétaires, étant à l’aise avec
Excel, auront tout intérêt à se construire leur modèle
propre et à le faire vivre en le mettant à jour au
début de chaque mois.
PLAN
DE TRESORERIE DE LA PREMIERE ANNEE
|
Mois
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
7
|
8
|
9
|
10
|
11
|
12
|
|
Apport
personnel
Apport des associés
Subventions
Déblocage
des emprunts à moyen ou long terme
Encaissement
de service
Autres
produits encaissés
TOTAL ENCAISSEMENTS :
Frais d’établissement
Investissements
Achats :
Achats de matières 1ère
Achats non stockés
Achats de fournitures de bureau
Autres Achats
Services
extérieurs :
Entretien, réparation, loyer, crédit
bail….
Autres
services extérieurs :
Publicité, services bancaires, frais
de poste…..
Impôts
et taxes et versements assimilés
Salaires
ou prélèvements
Charges
sociales
Charges
financières :
Intérêt d’emprunt
TVA
à décaisser
(si assujettissement)
TOTAL DECAISSEMENTS :
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Solde mensuel
(+ ou -)
Solde cumulé (+ ou -)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4.
Le plan de financement prévisionnel sur trois ans
Le
plan de financement sur trois ans a pour objectif
de prévoir :
·
Les
besoins prévisionnels de l’entreprise tant sur le
plan des investissements que sur le plan des besoins
liés au cycle d’exploitation
·
Les
ressources nécessaires pour couvrir ces besoins dans
les meilleures conditions de coût.
Le plan de financement est établi chaque
année ; il consiste à prévoir l’évolution financière
de l’entreprise. Il convient d’établir un tableau
sur le même principe que le plan de financement initial,
en y incorporant les besoins et ressources nouvelles
prévisibles pour chacune des 3 années.
Le tableau ci-dessous constitue un modèle
selon lequel le plan de financement prévisionnel sur
3 ans peut être établi.
PLAN
DE FINANCEMENT PREVISIONNEL SUR TROIS ANS
|
BESOINS :
Frais d’Etablissement (pour la première
année)
Investissements
Besoins en fonds de roulement (besoins supplémentaires
uniquement)
Prélèvement personnel et remboursements de comptes
courants
Remboursement d’emprunts
TOTAL
DES BESOINS :
RESSOURCES :
Capacité d’autofinancement (= bénéfice
non prélevé majoré de la dotation aux amortissements)
Apport personnel
Apport des associés
Subventions
Emprunt à moyen ou long terme
TOTAL
DES RESSOURCES :
DIFFERENCES :
DIFFERENCES
CUMULEES
|
Année 1
|
Année
2
|
Année 3
|
L’autofinancement est une source de financement
que l’entreprise sécrète elle-même par sa propre activité,
sans avoir à faire appel à des fonds extérieurs (emprunts
ou apports d’associés).
La capacité d’autofinancement (CAF) correspond
au résultat net comptable augmenté des dotations aux
amortissements.
5. Le seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité (ou chiffre d’affaires
critique) représente le niveau minimum de chiffre
d’affaires à réaliser afin de ne pas être en perte.
Afin de le déterminer, il convient dans un 1er
temps de :
- Répartir les charges en deux catégories :
·
Les
charges fixes ou frais fixes : Il s’agit d’un ensemble de charges
qui sont indépendantes du niveau d’activité réalisé
et que l’on devra obligatoirement acquitter (ex :
loyer, salaire, assurance…..).
·
Les
charges variables ou frais variables : Il s’agit d’un ensemble de charges
qui varient en fonction du chiffre d’affaires, c’est
à dire du volume d’activité réalisé (ex : achat
de fournitures, commissions sur ventes……).
- Calculer
la marge sur coût variable : La marge sur coût
variable (MSCV) est égale à la différence entre le
chiffre d’affaires prévisionnel et les charges variables
engendrées par ce chiffre d’affaires.
Marge
sur coût variable = Chiffre d’affaires – charges variables.
Le seuil de rentabilité,
ou chiffre d’affaires critique, encore appelé point
mort, est atteint lorsque la marge sur coût variable
(MSCV) est égale aux charges fixes ou frais fixes.
Dès que le chiffre d’affaires dépassera
ce seuil, l’entreprise réalisera des bénéfices ;
en dessous de ce seuil, elle fonctionnera à perte.
Le graphique ci-après représente le seuil de rentabilité.
4ème
Etape Le choix du statut juridique de l’entreprise
1.
L’entreprise Individuelle
Dans ce type d’entreprise, l’entrepreneur
individuel est seul et possède le statut de travailleur
indépendant
Sur
le plan juridique
L’existence en droit de l’Entreprise Individuelle
repose sur la personnalité juridique de la personne
de l’entrepreneur ; autrement dit l’entreprise
n’a ni patrimoine propre, ni personnalité juridique
distincts de ceux de l’entrepreneur. Ces derniers
se confondent avec le patrimoine et la personnalité
juridique de l’entrepreneur.
Il existe en France près de 1,7 millions
d’entreprises individuelles.
Trois entrepreneurs sur cinq ont opté
pour ce type de structure juridique. Les raisons de
cet engouement sont d’abord économiques : il s’agit
de petites entreprises familiales employant peu ou
pas de salarié, dans lesquelles les risques financiers
sont limités. Elles sont aussi d’ordre psychologique
car la création d’une société suppose une perte d’indépendance,
un partage du pouvoir avec les autres associés, ainsi
qu’une augmentation des obligations juridiques et
administratives.
L’entreprise individuelle a l’avantage
de permettre à la personne de l’entrepreneur d’être
seul maître à bord.
L’entreprise individuelle n’ayant pas
de personnalité juridique propre, c’est l’entrepreneur
individuel qui en assume la gestion et les risques.
Cette responsabilité est personnelle et
indéfinie ; ce qui veut dire que l’entrepreneur
est personnellement engagé dans son activité professionnelle
et est responsable des dettes de son exploitation
sur ses biens propres. En cas de difficulté dans son
affaire, ses biens personnels peuvent être saisis
par ses créanciers.
L’entrepreneur individuel marié doit veiller
absolument à séparer ses biens personnels engagés
de ceux de son conjoint. Il devra notamment adopter
un régime matrimonial (régime de la séparation de
biens qui est le régime choisi le plus souvent par
les entrepreneurs) afin d’isoler ses biens propres
engagés dans son affaire de la masse des biens de
son conjoint non-entrepreneur, et préserver ainsi
ce dernier des poursuites des créanciers.
Sur
le plan fiscal
L’ensemble des bénéfices réalisés par
l’entreprise constitue des revenus appelés « Bénéfices
industriels et commerciaux » (BIC) ou « Revenus
Non Commerciaux » (BNC) et sont soumis à l’Impôt
sur le Revenu :
· Si
les revenus de l’entrepreneur sont modestes, l’Impôt sur le Revenu est plus intéressant
que l’Impôt sur les Sociétés (l’entrepreneur sera
soumis à une tranche de l’Impôt sur le Revenu inférieur
à 33,1/3 %).
· Si
les revenus sont importants, l’entrepreneur risque de se trouver
dans la tranche la plus élevée du barème de l’Impôt
sur le Revenu et dépasser donc le taux d’imposition
sur les sociétés de 33,1/3 %.
La forme de la société devient alors un
élément économique majeur pouvant inciter l’entrepreneur
à vouloir changer de statut juridique.
NB : Le
régime fiscal de la micro entreprise.
Ce
régime fiscal,
institué pour les entrepreneurs individuels réalisant
un chiffre d’affaires hors taxes inférieur à 175 000
F, permet à l’entrepreneur individuel d’être dispensé
de la plupart des formalités fiscales : dispense
de facturer la TVA, déclaration fiscale simplifiée
portant directement sur son chiffre d’affaires qu’il
suffit de faire figurer sur la déclaration des revenus
2042, obligation comptable limitée à la tenue d’un
livre journal des recettes tenu au jour le jour et
à un registre récapitulant les achats de l’année).
Sur le plan social
L’entrepreneur est un travailleur indépendant
non salarié et est redevable des cotisations
(maladie, vieillesse, allocations familiales et CSG)
auprès des divers organismes et a la possibilité d’adhérer
à des régimes complémentaires.
Il convient toutefois de souligner que
ces régimes sont moins avantageux que le régime général
de la Sécurité Sociale des salariés.
2. l’entreprise unipersonnelle à Responsabilité
Limité (Eurl)
L’Entreprise
Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est
une société qui ne comporte qu’un seul associé (généralement
aussi gérant) et qui exige un capital minimum de 50
000 F à titre d'apport.
En théorie, la responsabilité du chef
d’entreprise vis-à-vis des créanciers sociaux reste
limitée au montant de cet apport.
Sur
le plan Juridique
L’EURL
dispose d’une personnalité juridique distincte de
la personne de l’entrepreneur et à ce titre dispose
d’un patrimoine qui lui est propre.
Son
avantage, en théorie, est de limiter la responsabilité
de l’associé unique au seul montant du capital social.
Par
ailleurs, si l’entreprise prospère et si les nécessités
l’obligent, l’EURL peut très vite se transformer en
SARL.
Mais
il ne faut pas se leurrer, ce qui est vrai en théorie
ne l’est pas en pratique. Dans la vie des affaires,
les créanciers, banquiers etc… ne se contenteront
pas d’une responsabilité limitée au seul capital et
exigeront de l’associé unique une caution personnelle ;
ce qui tend alors à le rapprocher du statut d’entrepreneur
Indépendant.
Par
ailleurs, en cas de faute de gestion, l’associé unique
peut être tenu responsable et être saisi sur ses biens
propres.
Sur
le plan fiscal
Il
convient de distinguer, selon que l’associé unique
de l’EURL est une personne physique ou morale (personnalité
juridique distincte de la personne de l’entrepreneur).
Dans
le cas où l’associé unique est une personne physique,
l’entreprise est soumise à l’Impôt sur le Revenu et
à ce titre, se trouve dans la même situation fiscale
que l’entrepreneur individuel. Cependant, l’associé
unique personne physique peut, s’il en fait la demande,
être assujetti à l’Impôt sur les Sociétés.
L’entrepreneur,
personne Morale, reste quant à lui assujetti à l’Impôt
sur les Sociétés.
Dans
la mesure où l’EURL est soumis à l’Impôt sur les Sociétés,
la rémunération du gérant est déductible du résultat.
Par ailleurs, la rémunération versée au gérant, associé
unique, est soumise à l’Impôt sur le Revenu avec abattement
de 20 et 10 % pour frais professionnels.
Sur
le plan social
L’associé
unique est affilié au régime des travailleurs indépendants
non salariés, au même titre que l’entrepreneur individuel.
Conclusion
L’EURL,
créée en 1985, fonctionne mal. En effet, la responsabilité
limitée au montant du capital social est insuffisante
aux yeux des créanciers sociaux qui demandent le plus
souvent une caution personnelle de l’entrepreneur,
ce qui revient à le mettre presque dans la même situation
que l’entrepreneur individuel. La protection du créateur,
sur le plan patrimonial, reste toutefois bien supérieure
à celle de l’entrepreneur individuel.
Par
ailleurs, l’EURL exige un capital minimum, des frais
de constitution, une tenue de comptabilité plus rigoureuse,
ensemble de contraintes qui n’existent pas sous le
statut de l’entrepreneur individuel.
Ceci explique que de nombreuses créatrices
choisissent souvent, à tort, le statut d’entrepreneur
individuel faisant fis des risques qu’elles courent
et font courir à leur famille en cas de liquidation
de l’entreprise.
Par contre, l’EURL se prête plus facilement
aux évolutions et peut très facilement ouvrir son
capital à d’autres associés dans le cadre d’une transformation
en SARL.
3. LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF (SNC)
Dans ce type de société, les associés
(au minimum 2) ont tous la qualité de « commerçant »,
et à ce titre, sont comparables à des entrepreneurs
individuels avec les risques encourus.
Cette
société requiert un capital social, mais aucun minimum
n’est exigé. On pourrait donc envisager un capital
symbolique de 1 franc.
Dans ce type de société, les associés
sont tous indéfiniment et solidairement responsables
des dettes de la société.
Sur le plan juridique
La constitution d’une SNC est moins onéreuse
qu’une SARL (pas d’apport minimum exigé). Cependant
en contre partie les associés sont responsables indéfiniment
et solidairement du passif social :
·
Responsabilité
Indéfinie : Les associés sont tenus au-delà de
leur apport et quel que soit le montant de la dette
de la société.
·
Solidairement
responsable : Chaque associé peut être poursuivi
non seulement pour sa part, mais aussi sur la totalité
de la dette de la société, quitte pour lui à se retourner
ensuite contre ses co-associés afin de leur réclamer
le remboursement de ce qu’il a payé pour leur compte.
Ceci souligne le risque cumulé de ce type de société.
La cession des parts sociale n’est possible
qu’avec le consentement unanime des associés.
Sur
le plan fiscal
Les
bénéfices sont imposés directement chez les associés
(pour la part des bénéfices qui leur revient) au titre
de l’Impôt sur le Revenu des personnes physiques ;
la Société en Nom Collectif n’étant pas soumise à
l’Impôt sur les Sociétés.
Ce
régime est plus coûteux et les associés ne bénéficient
pas de l’avoir fiscal comme les actionnaires des sociétés
de capitaux.
Sur le plan Social
Les associés de SNC sont affiliés au régime
des travailleurs indépendants au même titre qu’un
entrepreneur individuel.
La Société en Nom Collectif rassemble
les inconvénients de l’entreprise individuelle et
ceux des sociétés : responsabilité solidaire
et indéfinie des associés, régime fiscal onéreux,
protection sociale désavantageuse, partage du pouvoir
de décision.
4 – LA SARL (Societe a responsabiLite limitee)
La
SARL emprunte ses règles aux sociétés de personnes
(SNC) et aux sociétés de capitaux (SA).
La SARL dispose d’une personnalité juridique
et d’un patrimoine qui lui est propre.
Dans la SARL, les associés sont au minimum
2 et au maximum 50 (1 seul associé pour l’EURL).
Le montant minimal du capital social est
de 50 000 F.
Cet
apport peut se faire en numéraire ou en nature (meubles
ou immeubles corporels ou incorporels) et doit être
entièrement libéré lors de la création de la société.
Sur
le plan juridique
Les
associés de la SARL ont une responsabilité à l’égard
des dettes de la société limitée au montant de leur
apport dans le capital social.
La
SARL ne peut cependant émettre de titres négociables
ni faire appel public à l’épargne.
Ø
Difficultés : Cette société va avoir du mal à obtenir du crédit,
car le montant du capital social est faible. Les banquiers
pourront demander une extension de la responsabilité
sur le patrimoine personnel des associés, ce qui annule
la limitation de leur responsabilité.
Lorsque la SARL s’agrandit, elle se
transforme en SA.
Sur
le plan fiscal
·
La
SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés 33,1/3
%.
·
La
rémunération versée aux gérants est déductible du
bénéfice imposable.
·
Si le gérant est minoritaire,
c’est à dire, s’il détient moins de la moitié des
parts, il est imposé au titre des traitements et
salaires.
·
Si
le gérant est majoritaire, c’est à dire s’il détient
au moins la moitié des parts plus une, il est imposé
au titre des bénéfices industriels et commerciaux.
Par
ailleurs, les dividendes distribués aux associés sont
soumis à l’Impôt sur le Revenu.
Sur
le plan social
· Le
gérant minoritaire ou égalitaire a le statut de salarié et relève
du régime général des salaires (à l’exception du chômage).
·
Le gérant majoritaire,
relève du régime des travailleurs indépendants.
Conclusion
La
SARL permet de protéger le patrimoine personnel des
associés. Par ailleurs, les associés ont la possibilité
d’augmenter le patrimoine de la société en fonction
des besoins de l’entreprise.
Ce statut juridique est à juste titre
très populaire et risque de connaître un engouement
encore plus grand avec la possibilité de ne libérer
à la création que le dixième du capital social.
Il est tout aussi possible de garder un
maximum d’indépendance et de maîtrise de la société
en gardant, la majorité des parts sociales.
5. LA SOCIETE ANONYME (SA)
Ce
type de société est réservé aux gros projets nécessitant
des capitaux importants et réunissant au moins 7 associés.
C’est
une forme juridique marginale pour les entreprises
de télésecrétariat.
La
Société Anonyme ne fera pas l’objet de notre étude.
LE
CHOIX DE LA FORME DE L’ENTREPRISE
Le choix d’une forme juridique est important
à plusieurs niveaux :
Sur le plan économique et financier
La
forme juridique détermine la façon dont peuvent être
mobilisés des capitaux (apports) nécessaires à la
constitution et au développement de la société.
Le crédit accordé à l’entreprise sera
également fonction du statut juridique adopté.
Le choix de la forme juridique aura une
importance cruciale sur la protection du patrimoine
individuel du créateur.
Sur
le plan social
Le
régime social des dirigeants peut être plus ou moins
favorable. Parfois les dirigeants peuvent bénéficier
des avantages sociaux des salariés. De manière générale,
on constate que les régimes ont tendance à se rapprocher
et que le coût d’une protection sociale est quasiment
équivalent si l’on veut bénéficier des même garanties.
Sur
le plan fiscal
On
peut se demander quel est le statut fiscal le plus
avantageux à la fois pour l’entreprise et pour l’entrepreneur.
Nous conseillons aux créateurs de choisir très rapidement
leur futur expert-comptable qui sera à même de les
conseiller dans les choix fiscaux du démarrage de
leur entreprise.
Le choix de la structure juridique sera
donc décisif et devra se faire d’une part sur des
critères liés à la vie de l’entreprise, d’autre part
sur des critères liés à la situation personnelle des
dirigeants et associés.
1. La constitution
Les formalités de constitution sont moins
complexes pour l’entreprise individuelle que pour
les entreprises sous forme sociétaire.
Un
capital minimum est nécessaire pour l’EURL, la SARL
(50 000 F), la SA (250 000 F) il est inexistant pour
l’entreprise individuelle et symbolique pour la SNC.
Le nombre d’associés varie entre 1 pour l’EURL et
7 au minimum pour les SA (société anonyme).
2.
Le développement de l’entreprise
L’entreprise individuelle ne convient
pas aux activités à forte croissance nécessitant une
ouverture de leur capital à l’extérieur (ouverture
et apports d'autres associés) et n’est pas du tout
adaptée quand l’entreprise commence à avoir des enjeux
financiers susceptibles de mettre en jeu sa survie
et dépassant les possibilités de remboursement d’un
individu (ex : frais fixes importants, impayés
potentiels, clients représentant une part trop importante
du chiffre d’affaires, délais de paiement des clients
s’allongeant,…).
La
SARL et la SA sont beaucoup mieux adaptées à ce type
d’entreprises.
3. La transmission
et la cession de l’entreprise
La
transmission de l’entreprise individuelle est complexe
et onéreuse. La société, elle, survit aux problèmes
rencontrés (décès, saisie, vente…). Il est également
plus facile de transmettre des parts sociales ou des
actions.
L’entreprise individuelle peut disparaître
au décès de son propriétaire.
·
La
cession de parts sociales en SNC est plus difficile,
car il convient de recueillir l’unanimité des autres
associés.
·
Dans
la SARL, la cession des parts sociales nécessite une
double majorité (majorité des associés représentant
au moins les ¾ du capital social).
·
Dans
la SA, (société anonyme), les cessions sont libres.
Les frais de cession pour les sociétés
sont faibles et la Société Anonyme est la forme la
plus adaptée à la revente de l’entreprise.
les
criteres liés à la situation personnelle des associes
et des dirigeants
1.
Le statut social du dirigeant
L’entrepreneur individuel, le gérant majoritaire
de la SARL, le gérant associé unique d’une EURL et
les gérants de SNC ont le statut
de Travailleur Non Salarié
ou TNS.
Le gérant minoritaire de SARL et les dirigeants
de SA ont un statut social qui les assimile à des
salariés.
Cependant, ce statut ne les fait pas bénéficier
des indemnités de chômage et indemnités de licenciement
en cas de cessation d’activité. Il n'existe qu'une
seule solution : souscrire volontairement une assurance
chômage. Celle-ci est proposée uniquement par deux
associations spécialisées, l'APPI ou la GSC.
Le principe est le même pour ces deux
associations : en échange d'une cotisation annuelle,
les adhérents sont assurés, s'ils déposent leur bilan,
de recevoir une allocation mensuelle pendant un à
deux ans, pour un montant fixé à l'avance. Attention
toutefois, une période probatoire est imposée au début
du contrat (12 ou 18 mois) pendant laquelle on cotise
sans pouvoir bénéficier des droits.
Ce régime de protection sociale est moins avantageux
que le régime de protection des salariés. Il présente
l’avantage d’être moins coûteux que celui des dirigeants
d’entreprise salariés et de laisser le libre choix
au créateur de se construire une protection personnelle
adaptée à sa situation familiale.
Contrairement
au régime des salariés, il n'y a pas d'organisme unique
collecteur. On note trois branches principales :
-
assurance maladie, maternité,
- assurance vieillesse, invalidité,
décès,
- prestations familiales.
Les
cotisations sociales sont payables par trimestre et
par semestre. Elles sont assises sur le revenu professionnel
de l'exercice antérieur (BIC pour commerçants et artisans
ou BNC pour les professions libérales).
Vous
allez, pour la première année d'exploitation, verser
un montant forfaitaire. Par contre, le montant de
vos cotisations pour la deuxième année sera déterminé
selon votre revenu déclaré au cours de la première
année d'activité. Ces montants forfaitaires viennent
d’être diminués pour les deux premières années d’activité.
Le
créateur doit prendre conscience que certains risques
sont mals ou pas du tout couverts par ces régimes :
·
Les
petits risques (consultations, pharmacies,…) sont
remboursés à 50 % au lieu de 70 %
·
Les
indemnités journalières sont faibles ou inexistantes
en cas d’arrêt maladie
·
Pas
de couverture accident du travail
·
Retraite
calculée sur le bénéfice de l’entreprise qui est très
faible les premières années
Il est donc vivement conseillé à l’entrepreneur
indépendant de souscrire des assurances complémentaires
(maladie, chirurgie, hospitalisation, indemnités journalières,
retraite, invalidité, décès…).
Afin d’améliorer la
protection sociale du travailleur indépendant et de
sa famille la « loi
Madelin » du 11 février
1994 permet au travailleur indépendant de déduire
de son revenu imposable les cotisations versées à
des régimes complémentaires facultatifs.
Nous conseillons de
prendre rendez-vous avec deux ou trois organismes
de prévoyance avant la création, pour faire établir
un bilan personnel de votre future couverture sociale ;
vous prendrez une décision plus objective que celle
que vous devrez prendre une fois l’entreprise créée.
2.
La responsabilité des dirigeants
3. Fonctionnement et
Contrôle
L’entrepreneur
individuel, l’associé unique de l’EURL ont un large
pouvoir de décision et d’autonomie de gestion. Cependant,
les capacités financières de ces entreprises sont
restreintes. L’ouverture à d’autres associés est souvent
le résultat de questions économiques et fiscales qui
impliquent nécessairement un partage du pouvoir.
Dans
la SNC, en l’absence de dispositions statutaires,
les associés peuvent être tous gérants et participer
à la direction de la société. Les décisions sont généralement
prises à la majorité des associés. Le pouvoir de chaque
associé est fonction alors du nombre d’associés et
de sa quote-part dans le capital social.
Si
l’un des associés est gérant, il doit être nommé à
l’unanimité des autres associés et révoqué de la même
façon.
La
SNC convient donc aux PME ayant un petit nombre d’associés
qui se font confiance. C’est la forme adoptée par
les PME de type familial.
Dans
la SARL, le pouvoir de gestion est généralement confié
au gérant nommé à la majorité. Le gérant associé majoritaire
conserve le contrôle de l’entreprise mais ne peut
bénéficier du statut de dirigeant salarié.
Les
dirigeants ont les pouvoirs les plus étendus pour
agir au nom de la société.
Le
pouvoir de chaque associé de la SARL dépend de la
part de capital détenu.
4. Les incidences fiscales
de la structure juridique choisie
Le
statut fiscal diffère selon la forme de l’entreprise.
Pour
certaines entreprises, seuls les associés sont soumis
à l’Impôt sur le Revenu, pour d’autres entreprises,
c’est la société elle-même qui est imposable à l’Impôt
sur les Sociétés.
Consultez
votre expert-comptable qui assumera la complexité
des choix dans ces domaines et vous conseillera utilement.
4.1 L’Impôt sur le
Revenu (IR)
Cet
impôt frappe les revenus des personnes physiques et
ne s’applique pas à l’entreprise. Il ne concerne que
les personnes physiques qui exploitent individuellement
une entreprise, les associés de SNC, l’associé unique
de l’EURL ou les associés de SARL de type familiale
à condition d’avoir opté pour ce régime.
Dans
ces cas les impôts liés à l’activité de l’entreprise
sont des impôts personnels qui sont à la charge de
l’exploitant. Les bénéfices devront donc figurer dans
la déclaration sur les revenus personnels de l’exploitant
au titre des Bénéfices Industriels et Commerciaux
(BIC).
La
rémunération des associés gérants n’est pas fiscalement
déductible et est considérée comme un acompte sur
les bénéfices.
4.2 L’Impôt sur les
Société (IS)
L’Impôt
sur les Sociétés s’applique aux bénéfices de SA, SARL,
EURL dont l’associé unique est une personne morale,
les SNC ayant optés pour ce régime.
Les
bénéfices de ces sociétés sont imposés au nom de celles-ci
à l’Impôt sur les Sociétés. La personnalité morale
de ces sociétés est reconnue par le Fisc.
Le
taux normal de l’IS est de 33,1/3 % auquel s’ajoute
une majoration de 10 % du montant de l’impôt.
La
distribution des bénéfices (dividendes) aux associés
au prorata de parts détenues dans le capital social,
entraîne une imposition des associés.
Il
y a donc double imposition des bénéfices (imposition
de la société qui a réalisé les bénéfices et imposition
des associés à qui ont les distribues). Pour compenser
les effets de la double imposition, la loi a instauré
le mécanisme de « l’avoir fiscal »
qui s’analyse comme un crédit d’impôt que les associés
peuvent diminuer du montant de leur imposition. Cet
avoir fiscal est égal à 50 % des dividendes perçus.
Dans
la mesure où la société met en réserve la totalité
des bénéfices et ne fait aucune distribution de dividendes,
les associés ne sont redevables d’aucun impôt.
Il
existe plusieurs régimes d’imposition permettant de
calculer le bénéfice qui servira de base à l’Impôt
sur les Sociétés (IS) ou l’Impôt sur le Revenu (IR) :
Le régime du réel normal
Ce
régime s’adresse aux entreprises réalisant un chiffre
d’affaires supérieur à 500 000 F HT (pour les ventes
de marchandises) et à 1,5 million de francs HT (pour
les sociétés de services). Le résultat est établi
à partir de la comptabilité précise et régulière de
l’entreprise.
Les
entreprises qui adhèrent à un centre de gestion agréé
bénéficient d’un abattement de 20 % plafonné à 700
000 F sur les bénéfices imposables (pour les entreprises
soumises à l’Impôt sur le Revenu selon le régime réel
d’imposition).
Il
est également possible de bénéficier d’une réduction
d’impôt dans la limite de 6 000 F pour frais de comptabilité.
Le régime du réel simplifié
Ce
régime s’adresse aux entreprises réalisant un chiffre
d’affaires compris entre 500 000 F TTC et 5 million
de francs HT (pour les ventes de marchandises, objets,
fournitures et denrées) ou entre 175 000 F TTC et
1,5 million de francs HT (pour les prestations de
service).
Le
résultat comptable est établi à partir d’une comptabilité
précise mais simplifiée.
Le régime de la micro entreprise
Il
s’agit d’un régime fiscal applicable aux entreprises
relevant de l’Impôt sur le Revenu dont le chiffre
d’affaires annuel n’excède pas 500 000 F HT (pour
les ventes de marchandises, objets, fournitures et
denrées) et 175 000 F HT (pour les prestataires de
services). Il convient de déclarer les recettes sur
la déclaration annuelle de revenus n° 2042.
Ces
recettes seront imposées après un abattement forfaitaire
pour frais professionnel de 50 % (pour les activités
relevant des BIC), avec un minimum d’abattement de
2 000 F.
L’entreprise
est exonérée de TVA et ne peut déduire ses frais professionnels
de sa comptabilité.
Les
formalités comptables sont très simples : il
suffit, pour l’exploitant, de tenir un journal de
recette au jour le jour et un journal des achats.
Il est possible d’utiliser un carnet de facturation
que l’on peut se procurer auprès des Chambres de Commerce
et d’Industrie
Le
régime de la micro-entreprise est très simple. Cependant
ce régime fiscal n’admet aucun déficit. La TVA acquittée
sur les achats n’est pas récupérable. L’exploitant
peut alors renoncer à ce régime et opter pour le régime
fiscal du réel normal ou du réel simplifié.
Ce
régime fiscal n’est pas conseillé quand les investissements
de départ sont importants et vont générer une dotation
aux amortissements conséquente.
Nous ne saurions que vous conseiller
une fois encore de faire appel à votre expert-comptable
pour mieux éclairer vos choix.
5ème Etape : LA
PREPARATION DES FORMALITES ADMINISTRATIVES
Les
pouvoirs publics ont entrepris, depuis de nombreuses
années, la simplification des formalités administratives
de création des entreprises.
Aujourd’hui,
contrairement aux idées reçues, les formalités sont
nettement plus simples que dans nombre de pays européens.
Elles ne constituent plus un obstacle à la création
d’entreprise.
L’ouverture
des Centres de Formalité des Entreprises (C.F.E.)
a simplifié considérablement les démarches administratives
au moment de la constitution d’une entreprise. Ce
système dit « du guichet unique » permet
d’effectuer l’ensemble des formalités obligatoires
et se charge de transmettre, aux différents destinataires,
l’ensemble des informations administratives nécessaires
à la constitution de l’entreprise.
Chaque
secteur d’activité a son C.F.E :
·
Les
Chambres de Commerce et d’Industrie pour les commerçants
et les sociétés
·
Les
Chambres des Métiers pour les artisans
·
L’URSSAF
pour les professions libérales
·
Les
Chambres d’Agriculture pour les agriculteur

Le
C.F.E. se chargera de transmettre les informations
nécessaires au Registre du Commerce et des Sociétés,
l’INSEE, l’URSSAF, le service des impôts, les caisses
d’assurance maladie.
Pour
ces dernières, il conviendra de faire un choix sur
les listes fournies par le C.F.E. des organismes d’assurance
maladie et de retraite.
On
remarquera que seuls les futurs artisans ont l’obligation
de suivre un stage d’initiation à la gestion dispensé
par les Chambres de Métiers.
Les
régimes de protection étant insuffisants, il est conseillé
de souscrire une protection sociale complémentaire
maladie et complémentaire retraite.
La
« loi Madelin » du 11 février 1994 permet
à l’entrepreneur individuel de déduire des bénéfices
imposables les cotisations versées aux régimes complémentaires
de prévoyance et de retraite
Une première visite préalable auprès de
son CFE est indispensable pour comprendre les formalités
qui vous attendent.
Démarches
particulières pour la création des sociétés
Il
convient :
·
De
déposer le montant des apports sur un compte bloqué
au nom de la société.
·
De
rédiger les statuts de la société : ces derniers
doivent comporter les mentions suivantes : la
forme de la société, l’objet de la société, la durée
de la société, l’appellation de la société c’est à
dire sa dénomination, le siège social, le montant
du capital social, les modalités de fonctionnement
de la société).
·
D’insérer,
dans un journal d’Annonces
Légales, un avis de constitution
qui doit comporter les mêmes mentions que les statuts.
Une boîte pour créer
son entreprise
Les pouvoirs publics viennent de créer
une « boîte du créateur »
qui est mise à disposition, gratuitement,
auprès des collectivités locales et structures d’appui
aux créateurs d’entreprise. C’est un kit indispensable
pour toute personne qui veut se mettre à son compte.
La « boîte du créateur »
a pour vocation de guider les entrepreneurs
dans leurs démarches. Elle se décline en deux versions,
entreprise individuelle ou société.
Elle contient un Guide
pratique du créateur conçu
par l'Agence pour la Création d'Entreprises (APCE).
Il comprend des modèles de
documents avec des notices explicatives.
Il
peut être directement téléchargé sur le site de l’APCE :
http://www.apce.com
Coût de constitution d’une entreprise
Ces
coûts ont singulièrement baissé depuis 6 mois. A la
date de décembre 2000, nous donnons des coûts indicatifs
qui peuvent varier en fonction de tarifications propres
aux établissements consulaires.
Profession
libérale : gratuit
-
Entreprise
individuelle commerciale :
environ 300 F
Entreprise
individuelle artisanale :
environ 1 560 F-
EURL
et SARL :
environ 1 400 F
SA :
environ 1 900 F
Ces
frais ne comprennent pas les honoraires éventuels
d’un avocat qui peut vous aider à rédiger les statuts
de votre future société.
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