|
Chapitre
8. TELESECRETARIAT
1. Brève
histoire du secrétariat
L'histoire
du secrétariat d'entreprise est directement liée à celle
de la machine à écrire.
Avant
1870, le secrétariat était un métier masculin, un passage
souvent obligé pour faire carrière.
Entre
1870 et 1890, la profession se féminise. Cette période
voit naître la machine à écrire et avec elle une transformation
du métier. Le recrutement des dactylographes se fait parmi
les femmes cultivées de la classe moyenne américaine, car
une des premières qualités –véritable critère de recrutement
de l'époque- est de savoir jouer du piano en raison de l'agilité
des doigts[1].
Dès
1880, les premières écoles de sténodactylographie sont ouvertes
et en 1890 c'est être pionnière que d'aller vers ces métiers
nouveaux où l'on gagne bien sa vie en faisant un travail
propre.
Le
Taylorisme vient alors toucher le monde du bureau avec la
création des pools dactylographiques.
Des
années 20 aux années 70, les choses évoluent peu. Les
dactylos et sténodactylos ont du mal à se faire remarquer
et à sortir du pool pour devenir secrétaires auprès d'un
chef de service.
Les
années 70 sont celles de la tradition et du renforcement
des stéréotypes. Tout est parfaitement clair et établi.
Les catégories de secrétaires sont conformes aux conventions
collectives.
Les
qualités personnelles requises dans les petites annonces
l'emportent largement sur les compétences techniques. Peu
importe ce que l'on sait faire (hormis la sténo et la dactylo)
dès l'instant où l'on sait être discrète, diplomate, disponible,
débrouillarde, dévouée, devineresse…
Celles
qui ont de l'ambition, ont deux voies tracées devant elles
: sortir du secrétariat si elles sont indépendantes de caractère
ou faire carrière dans le secrétariat en visant le secrétariat
de direction.
Les
années 80 voient planer une menace sur la profession.
En effet, dès 1980, le futorologue Alvin Toffler, dans son
ouvrage "Le Bureau du futur", intitule l'un de
ses chapitres : "Faut-il brûler la secrétaire ?".
La
bureautique va bouleverser le métier et ses catégories professionnelles.
Toutes les secrétaires notamment les plus anciennes, celles
qui ont déjà franchi les échelons du secrétariat, ne sont
pas prêtes à relever le défi. Les plus jeunes quant à elles,
prennent souvent d'assaut un nouveau créneau où elles veulent
se réaliser.
Les
années 90 sont celles de la suppression des postes de dactylos
et d'opératrices de saisie. Dans le même temps, les
secrétaires spécialisées en comptabilité, bureautique et
secrétariat de direction se retrouvent en tête de la création
d'emplois en France. C'est ce que montrent deux enquêtes
du Céreq (Centre d'Etudes et de Recherches sur les Qualifications)
et du Cnam (Conservatoire National des Arts et Métiers),
citées dans Télétravail Magazine d'avril-mai 1996.
L'allégement
des tâches, induit par le traitement de texte, les tableurs
et les grapheurs a dégagé du temps pour l'initiative : les
secrétaires d'hier, cantonnées aux travaux répétitifs de frappe
sur machine à écrire, sont progressivement devenues des assistantes
à part entière. L'enrichissement du travail et son changement
de nature ont nécessité cependant une phase obligatoire d'adaptation
liée à la formation.
Les
années 90 sont aussi celles de la crise de reconnaissance.
En effet, les secrétaires ont relevé les défis, se sont
adaptées aux nouvelles technologies beaucoup plus vite que
leurs supérieurs ou leurs patrons, mais elles n'ont pas
l'impression d'être reconnues. C'est pour cela qu'elles
disent vouloir évoluer c'est-à-dire oser être plus affirmée,
moins dépendante, plus autonome.
L'apparition
du télétravail en tant que travail à distance utilisant
l'informatique et les télécommunications va susciter une
seconde révolution dans le secteur du secrétariat.
Avec l'aggravation du chômage, les horaires contraignants
et le temps perdu dans les transports, les secrétaires d'aujourd'hui
voient dans le télésecrétariat une nouvelle possibilité.
2.
Les enjeux du télétravail pour le métier de secrétaire
assistante
D'abord
le télétravail permet de se mettre en relation avec de multiples
interlocuteurs, avec de nombreux acteurs, quelle que soit
leur distance physique ou hiérarchique. Cela peut permettre
de dégager l'exercice du métier d'un rapport parfois trop
univoque avec un seul responsable.
A
partir des principales responsabilités du secrétariat d'aujourd'hui,
il est possible d'esquisser les premiers contours du futur
"télé-assistanat".
·
l'accueil,
la réception de rendez-vous,
vont perdre un peu de leur côté impromptu. Par contre, toute
occasion de rencontre physique nécessitera une organisation
plus précise, dans des lieux plus diversifiés que l'espace
de travail aujourd'hui. La capacité de la téléassistante
à bien l'organiser sera essentielle.
·
Le classement
sera de plus en plus "immatériel" : il se fera
à l'aide de fichiers, sur des sites informatisés dont la
téléassistante organisera les conditions d'accès partagé.
·
La
fonction courrier tendra elle aussi à se "dématérialiser".
Le tri et la répartition seront affaire de transmission
informatique à partir du lieu de réception.
·
Le
repli
téléphonique
n'exige déjà plus aucune contrainte de localisation physique.
·
L'organisation
de rendez-vous, de manifestations particulières, de voyages
passera
par de meilleurs contacts avec les interlocuteurs prestataires.
La disponibilité pratique des informations de base (via
agendas électroniques, serveurs multimédia) permettra d'améliorer
la qualité du service rendu.
·
Les
qualités
de rédaction,
de communication écrite et orale seront essentielles pour
atteindre l'efficacité optimale.
·
La
production de documents, de toute nature, va passer
par une connaissance précise de tous les outils de communication
existants et de leur possibilité de transfert.
Toutes
ces évolutions, avec le télétravail, conduisent à envisager
l'avenir du métier dans une version plus "nomade"
qu'aujourd'hui, un métier ouvert à des interlocuteurs plus
nombreux, plus partenaires que responsables hiérarchiques
uniques.
Cet
éclatement du contexte professionnel peut ouvrir la voie
à une évolution du poste vers une conception plus entrepreneuriale
: jusqu'à devenir télétravailleur indépendant.
3.
Le télésecrétariat
3.1.
Ses acteurs, ses prestations.
Le
secrétariat, parce qu'il est au cœur de la transformation
des conditions de transmission de l'information, est l'un
des premiers métiers à être concerné par le travail à distance.
Aujourd'hui
les 2 000 sociétés qui proposent des prestations de télésecrétariat,
s'introduisent dans les grandes compagnies de la banque
ou de l'assurance (Avenir, filiale de l'UAP, MAAF, La Concorde),
ou dans les grands groupes industriels (EDF), en leur proposant
une facturation en fonction du nombre d'appels traités et
de la charge de travail effectivement réalisée.
Il
n’est pas interdit de penser que d’ici quelques années la
France sera couverte par un vaste réseau de télécentres.
Par ailleurs, d'après une enquête
du magazine Secrétaires et Assistantes
datant de 1997, 70 % des secrétaires interrogées sont
séduites par le télésecrétariat, quelques milliers se lancent.
Il est difficile d'obtenir une estimation précise, ces données
étant considérées comme confidentielles par le SIST (Chambre
professionnelle nationale des téléservices).
Les
principaux téléservices fonctionnels proposés
|
· Courrier
·
Devis
·
Edition de factures
·
Rapports (expertise, étude, conseil)
·
Mise en page de documents techniques
·
Compte-rendu de réunion
·
Transcription de K7
·
Plaquettes publicitaires
·
Digitalisation de documents
·
Intégration d’image
·
Infographie
·
Traduction en langues étrangères
·
Saisie d’écritures comptables
|
·
Feuilles
de paie
·
Réalisation de transparents
·
Mailing
·
Tableaux
·
Facturation
·
Conception assistée par ordinateur
·
Dessin assisté par ordinateur
·
Publication assistée par ordinateur
·
Développement de logiciel
·
Recouvrement de créances
·
Archivage de documents
·
Gestion de fichiers...
|
3.2.
Le marché du télésecrétariat
Les
entreprises qui font appel à des entreprises de téléservices
le font en priorité :
·
pour
satisfaire des besoins ponctuels ne nécessitant pas la création
d’un emploi à temps plein ou même à mi-temps,
·
pour
accéder à des compétences inexistantes dans l’entreprise
(besoins en formation ou prospection commerciale...),
·
ou
encore pour faire face à une surcharge de travail (secrétaires
débordées, problème de courrier en retard ou nécessitant
le décryptage de cassettes, frappe et mise en forme...).
Il
arrive d’ailleurs que certains télécentres ou prestataires
de téléservices, lorsque la situation le nécessite (là encore
surcharge de travail ou compétence inexistante) ont eux-mêmes
recours à des sous-traitants (télésecrétaires free-lance
par exemple).
Les
raisons principalement évoquées par les entreprises sont
donc une plus grande souplesse d’organisation et une
meilleure gestion des variations d’activité. Sans oublier
bien sûr la notion de coût. Externaliser des activités
tertiaires vers des télécentres ou des télétravailleurs
indépendants permet globalement de réaliser des gains de
l’ordre de 20 à 40 %. Le contrat de travail est
en effet remplacé dans ce cas par un contrat commercial,
beaucoup plus « rentable » (ni déclaration préalable
d’embauche, ni feuille de paye, ni calcul de charges...).
On ne loue plus le temps d’une personne, on achète un résultat.
Ceci
dit, les entreprises n’ont bien sûr pas toutes les mêmes
besoins. Plus elles sont de faible dimension (moins de trois
salariés), plus elles expriment des besoins importants en
téléservices tels que prospection de clientèle, étude de
marché, information fiscale et accueil téléphonique. Les
entreprises un peu plus grandes manifestent plutôt des besoins
en informatique, secrétariat et suivi comptable. Enfin,
au dessus de 100 salariés, l’exportation, le recrutement
et les services de traduction sont plébiscités.
Les
besoins en téléservices sont plus importants également dans
le secteur tertiaire que dans les secteurs industriel et
agricole. Ce dernier, tout comme le secteur tertiaire, est
surtout demandeur de télésecrétariat, alors que le secteur
industriel se tournerait plutôt vers les formations informatique/bureautique.
Les
entreprises semblent identifier par elles-mêmes leurs besoins,
et donc les meilleures opportunités de recours aux téléservices.
Elles ont affaire le plus souvent au même prestataire dès
lors que celui-ci répond à leurs attentes.
A
noter enfin que les entreprises qui ont arrêter d’utiliser
ce type de services l’ont fait essentiellement parce qu’elles
ont intégré les compétences, ou suite à une baisse d’activité.
Les
besoins les plus souvent émis par secteur d’activité
|
Assurance
|
rapport
de prévention, rapport d’expertise, déclaration de
sinistres..
|
|
Banque
|
courriers
d’information, documents marketing, transcription
de réunions, de conseils d’administration...
|
|
Recouvrement
|
courrier
de relance clients ou fournisseurs...
|
|
Expertise
|
rapport
d’expertise, devis technique...
|
|
Organismes
de contrôle
|
dossiers
de mise en conformité, dossiers techniques, rapports
d’expertise...
|
|
Services
publics
|
archivage
des documents électroniques, courriers d’information,
dossier d’appel d’offres...
|
|
Industrie
|
devis,
factures, descriptifs, rapports techniques...
|
|
Communication
|
plaquettes,
documents commerciaux, mailing...
|
|
Informatique
|
fiches
techniques, courrier d’information, documentation...
|
|
Professions
libérales
|
gestion
des appels téléphoniques, rapport, courrier, appels
d’offres...
|
|
|
|
Il
faut savoir que les besoins d’externalisation d’un grand
compte et d’une Pme/Pmi ne sont pas les mêmes ; et
qu’il existe un monde entre cette dernière et l’artisan
ou la profession libérale.
3.2.1.
Le marché des grandes entreprises
Les
grandes entreprises possèdent en général toutes les compétences
et l’infrastructure pour exercer l’ensemble de leurs activités.
Dans ces conditions les prestataires de télésecrétariat
ne peuvent espérer se voir confier autre chose que la saisie
de documents, éventuellement la transcription de K7.
Par
contre, les grandes entreprises ont tendance à s’adresser
plutôt à de « grosses » structures de télésecrétariat
qui ont fait leur preuve, seules capables de traiter des
volumes importants (parfois plus de 200 pages/jour).
Picardie
Téléservices, une dizaine de salariés, a ainsi décroché
auprès de la Cnam un marché de près de 4 millions de francs
(plusieurs centaines de milliers de pages à saisir) sur
trois ans, ainsi que le traitement des déclarations sinistres
de l’UAP.
3.2.2.
Le marché des PME/PMI
Sur
ce segment, les travaux demandés ne nécessitent la plupart
du temps qu’une télésecrétaire, voire deux ou trois quand
il y a un pic d’activités (avec toujours la possibilité
dans ce cas de sous-traiter soi-même quelques travaux).
Par
contre, la simple saisie d’un courrier manuscrit ou d’un
devis commercial griffonné à la hâte ne suffit plus. Il
faut savoir qu’au cours de ces dernières années, la demande
pour ce type de tâches a chuté de plus de 40 %, à cause
principalement de l’arrivée massive des micro-ordinateurs
et de logiciels d’usage simple. Quel ingénieur, quel commercial
n’utilisent pas aujourd’hui communément un traitement de
texte ou un tableur ?
D’où
la nécessité d’apporter autre chose, de modifier son offre
pour coller au plus près aux besoins des Pme/Pmi. Hormis
la saisie de supports techniques (chimie, pharmacie, architecture,
informatique par exemple...) qui nécessite un bon degré
de professionnalisme, il faut apporter d’autres compétences
qu’une parfaite maîtrise du français et de la syntaxe. Notamment
toutes les compétences que ces entreprises ne possèdent
pas en interne.
A
titre d’exemples, on peut citer : la réalisation de
graphiques, l’infographie, la scannérisation d’images ou
encore la mise ne page...
Si
l’activité sous-traitée, en volume, est beaucoup moins importante
comparée à la demande des grands comptes, en revanche la
valeur ajoutée est plus élevée. L’un compense l’autre.
A
noter toutefois que certaines activités à faible valeur
ajoutée ont été transférées, libérant ainsi des secrétaires
dont le métier a tendance à évoluer vers celui d’assistance
de direction, plus technique et plus imbriquée à l’ensemble
de la vie de l’entreprise.
3.2.3.
Le marché des professions libérales et artisans
Les
professions libérales (300.000 personnes) et les artisans
(plus de 2 millions), sont la cible privilégiée des
télésecrétaires indépendantes qui leur proposent en général
la gestion de leur agenda ou de leurs appels téléphoniques.
En
revanche, en matière de traitement de documents, la demande
varie selon la profession. Les avocats, les experts comptables
ou les courtiers d’assurance... seront toujours des clients
plus intéressants que les médecins généralistes ou les artisans.
Un laboratoire d’analyses médicales aura besoin de relancer
les mauvais payeurs, alors que la demande d’un architecte
se portera plutôt sur la rédaction d’appel à projet.
Toute
la démarche commerciale consistera à mettre en adéquation
l’offre et la demande. Ainsi, aux experts comptables, notaires
et avocats, il faut proposer de rédiger leurs rapports d’expertise
ou de plaidoirie, mais aussi de gérer leurs appels téléphoniques
durant leur absence ou pendant qu’ils sont injoignables.
Il
faut savoir également que les courriers et autres devis
émanant d’artisans sont le plus souvent traités par leurs
épouses.
Enfin,
il est nécessaire d’avoir en portefeuille au moins une quarantaine
de clients réguliers, lesquels ne vont pas hésiter, pour
quelques francs, à changer de prestataires.
4.
Les
statuts de la télésecrétaire
En
général on constate que les secrétaires qui pratiquent le
travail à distance sont rarement salariées. Le plus souvent,
elles sont indépendantes et font du téléservice ou bien
sont salariées d'une entreprise de télésecrétariat.
4.1
Secrétaire travaillant avec des cadres en télétravail
Elle
n'est pas directement concernée par le télétravail mais
par une partie essentielle de son encadrement. De fait,
sa fonction évolue vers une plus grande polyvalence. La
secrétaire devient alors une sorte de courroie de transmission
des informations dans le service. Elle doit donc augmenter
sa capacité à maîtriser les outils d'information et de communication.
En effet, cette dissémination des tâches du secrétariat
et la prise en charge de leurs déplacements et agendas par
les cadres eux-mêmes l'obligent à développer des compétences
à plus forte valeur ajoutée.
La
secrétaire qui assiste un travailleur nomade doit acquérir
une plus grande autonomie car elle est amenée à répondre
elle-même aux questions des clients, à s'impliquer dans
la préparation des dossiers et des rendez-vous. Elle doit
savoir apprécier la nature de la demande et anticiper les
besoins du client.
4.2.
Télésecrétaire salariée
Elle
est en situation de télétravail à temps partiel ou pas,
à domicile ou dans un télécentre. Son autonomie est possible
grâce à la parcellisation des tâches de production. L'isolement
peut devenir un facteur de stress, d'où l'intérêt de l'alternance
entreprise/domicile. Par ailleurs, si la fonction est valorisée
du fait du renforcement de son autonomie de fonctionnement,
son travail peut en revanche évoluer vers l'exécution de
tâches moins qualifiées.
Les
secrétaires employées dans les télécentres le sont en général
en CDI et gagnent en moyenne ce que gagnent n’importe quelle
secrétaire (entre 7.000 et 9.000 F brut par mois selon leur
niveau de qualification). Elles n’ont pas de prime de productivité.
4.3. Télésecrétaire
indépendante
Elle
travaille à son compte pour plusieurs entreprises clientes
et développe avant tout des compétences d'entrepreneur.
Elle est donc dynamique et organisée. Mais elle doit être
aussi vigilante car l'activité commerciale et de gestion
prend rapidement le pas sur les travaux d'exécution.
5.
Où localiser une activité de télésecrétariat ?
Même
si l’on part du principe qu’une téléactivité, grâce aux
technologies de l’information, peut être localisée n’importe
où, il ne faut pas perdre de vue que plus on est éloigné
des clients, plus les coûts de communication seront élevés.
A
moins d’utiliser Internet, les communications téléphoniques
sont facturées en fonction du temps mais aussi de la distance.
Ceci
mis à part, un télécentre qui regroupe un pool de télésecrétaires,
et donc qui a besoin de locaux importants, aura tout intérêt
à s’installer à la campagne, le prix du mètre carré y étant
nettement moins élevé qu’en ville (excepté dans les zones
franches), le personnel plus stable (turn-over pratiquement
nul), et enfin les primes à la création plus élevées (spécialement
dans les zones 5b et autres zones de revitalisation rurale).
Par
contre si la production peut être éloignée de la clientèle
(l’essence même des télé-activités), il est impératif que
la force commerciale soit toujours proche de la clientèle.
Paris
et la région parisienne constituent encore le terrain de
chasse privilégié de nombreuses entreprises de télésecrétariat.
La concurrence y est certes sévère mais le vivier d’entreprises
est tel que les perspectives de développement sont a priori
plus élevées qu’ailleurs.
Cependant,
dans les villes moyennes (200 000 habitants), la cible sera
constituée par les 2 millions de PME/PMI et autres TPE (Très
petites entreprises) qui constituent le gros du tissu économique
français. La concurrence y est moins sévère mais une zone
de chalandise « exploitable » doit regrouper au
moins 200 de ces entreprises.
Enfin,
dans ces mêmes villes de 200.000 habitants, on recense environ
5 % de professions libérales et d’indépendants, soit 10
000 prospects potentiels et 2 000 prospects réels.
6.
Les facteurs-clés de réussite
On
a trop souvent assimilé le télésecrétariat à une activité
à faible valeur ajoutée, ne nécessitant pas de connaissances
particulières. Si un ordinateur, un fax, une imprimante
et quelques logiciels suffisent pour devenir une secrétaire
"free lance", l'expérience professionnelle reste
l'atout essentiel.
Il
ne suffit pas de savoir écrire avec un traitement de texte
pour prétendre au titre de télétravailleur indépendant.
Quelques entrepreneurs peu sérieux l’ont appris à leurs
dépends, avec comme effet de rétracter la demande d’une
clientèle déçue par le manque de qualité des téléservices.
Sur ce dernier point, de l'avis des télésecrétaires interrogées,
il ne faut pas non plus négliger la mauvaise image que ces
professionnels improvisés véhiculent sur le marché.
Il
n’y a pas pour autant de profil type pour devenir télésecrétaire
ou prestataire de téléservices.
Si
certains cadres, ingénieurs ou informaticiens, poussés par
la limite d’âge ou des restructurations d’entreprises, ont
créé leur propre structure avec leurs indemnités de départ
(certains ont même eu la chance de pouvoir sous-traiter
dès le départ de gros volumes de travail pour le compte
de leur ancienne société), la règle veut que, faute de pouvoir
s’entourer de toutes les compétences nécessaires, l’on fasse
au départ tout soi-même. 4/5è des télésecrétaires se sont
lancées en effet seules, de chez elles, après un licenciement
ou une démission, faisant ainsi partie de cette nouvelle
génération d’entrepreneurs virtuels « par défaut ».
Au
démarrage, il faut tout faire soi-même, c’est-à-dire vendre
ses services puis les réaliser (bien souvent une activité
donnée la veille doit être rendue le lendemain) jusqu'à
ce que le volant d’affaires permette de recruter (250.000
à 300.000 F de chiffre d’affaires par an et par emploi créé).
De
nombreuses télésecrétaires n'ont pas hésité dès le départ
à faire appel à la sous-traitance, en intégrant ou en créant
un réseau « virtuel de compétences ». L’intérêt
est triple. Il permet de dispatcher les surcharges de travail
vers d’autres télésecrétaires qui interviennent ponctuellement
sur des missions, d'offrir aux clients une palette de services
dépassant largement ses propres compétences et enfin de
consacrer le temps nécessaire à la démarche commerciale.
En
matière d’équipement informatique, les moyens à mettre en
œuvre sont très différents selon les activités traitées.
Pour du simple traitement de texte, un micro-ordinateur,
une imprimante, un modem branché sur l’ordinateur du client
et quelques logiciels comme Word, Excel, PowerPoint feront
l’affaire. Coût : entre 20 et 25 000 F. Des prestations
plus importantes peuvent nécessiter par contre des logiciels
spécifiques et donc plus sophistiqués, voire des outils
de communication client/serveur (l’entreprise dépose ses
données sur le serveur du télécentre après s’être identifiée
par un code secret et les récupère selon le même principe).
Une
bonne façon de fidéliser le client est de prendre en charge
(matériel et frais d’installation) tous les outils qui vont
lui permettre de se connecter avec sa structure (modem,
logiciels de partage d’application...). Il s'agit certes
d'un investissement mais qui s’avère très rapidement utile.
7. Coût
moyens des prestations de télésecrétariat
7.1. La
télésecrétaire indépendante
Une
télésecrétaire indépendante en général travaille à l’heure
ou à la page. Elle possède son propre matériel dont elle
assurer l’entretien. les frais de communication sont également
à sa charge. Elle doit donc facturer au juste prix.
Prix
moyen de l’heure : 135 F hors taxe (frappe,
relecture et correction de 7 pages en moyenne).
Le
tarif est dégressif en fonction du nombre d’heures ou de
travaux sur site. S’il y a mise en page ou intégration d’images
le coût horaire peut s’élever à 200 F (jusqu’à 500 F s’il
y a des travaux d’infographie ou de la conception assistée
par ordinateur).
En
assistance téléphonique, le coût des 100 appels est en général
facturé 400 F hors taxes (tarif moyen du lundi au vendredi).
Enfin des délais très rapides peuvent parfois entraîner
une surfacturation.
7.2.
Les télécentres
Les
télécentres, spécialisés dans l’écrit, proposent à peu près
tous les services administratifs (secrétariat, traitement
de texte, opérations administratives, suivi de clientèles,
traduction...). Ils fournissent le matériel et son adaptation
(choix de nouveaux logiciels, matériels plus performants),
déchargeant ainsi le client des frais de maintenance et
de l’investissement en bureautique.
Prix
de base facture : 180 F de l’heure
avec
tarif dégressif selon le volume et la qualité de ce qui
est à saisir (entre 20 et 25 centimes/mot).
7.3.
Les entreprises de télésecrétariat
·
Traitement
de texte
(courrier, devis, rapport, facture...) : de 35 à 80
F la page selon la quantité et la complexité (termes techniques,
juridiques, scientifiques...).
·
Mise
en forme de documents en PAO : de 100 à 300 F la
page A4 selon la quantité et la complexité de la mise en
page.
·
Transcription
de K7 (compte rendu de réunion ou de conférence, conseil
d’administration, assemblée générale...) : 160 F de
l’heure, sachant qu’une minute orale équivaut à 8 minutes
de transcription.
·
Scannérisation
de photos hors retouches :
entre 350 et 400 F format A4 ou 200 F le format 10
x 15 cm.
·
Graphiques,
camemberts, courbes... : de 500 à 700 F selon le
degré de précision.
·
Infographie
de base : en moyenne 200 F l’illustration.
·
Archivage
informatique de documents (indexation et numérisation) :
de l’ordre de 200 à 300 F de l’heure...
|