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Chapitre
8. TELESECRETARIAT
1. Brève
histoire du secrétariat
L'histoire
du secrétariat d'entreprise est directement liée à celle
de la machine à écrire.
Avant
1870, le secrétariat était un métier masculin, un passage
souvent obligé pour faire carrière.
Entre
1870 et 1890, la profession se féminise. Cette période
voit naître la machine à écrire et avec elle une transformation
du métier. Le recrutement des dactylographes se fait parmi
les femmes cultivées de la classe moyenne américaine, car
une des premières qualités –véritable critère de recrutement
de l'époque- est de savoir jouer du piano en raison de l'agilité
des doigts[1].
Dès
1880, les premières écoles de sténodactylographie sont ouvertes
et en 1890 c'est être pionnière que d'aller vers ces métiers
nouveaux où l'on gagne bien sa vie en faisant un travail
propre.
Le
Taylorisme vient alors toucher le monde du bureau avec la
création des pools dactylographiques.
Des
années 20 aux années 70, les choses évoluent peu. Les
dactylos et sténodactylos ont du mal à se faire remarquer
et à sortir du pool pour devenir secrétaires auprès d'un
chef de service.
Les
années 70 sont celles de la tradition et du renforcement
des stéréotypes. Tout est parfaitement clair et établi.
Les catégories de secrétaires sont conformes aux conventions
collectives.
Les
qualités personnelles requises dans les petites annonces
l'emportent largement sur les compétences techniques. Peu
importe ce que l'on sait faire (hormis la sténo et la dactylo)
dès l'instant où l'on sait être discrète, diplomate, disponible,
débrouillarde, dévouée, devineresse…
Celles
qui ont de l'ambition, ont deux voies tracées devant elles
: sortir du secrétariat si elles sont indépendantes de caractère
ou faire carrière dans le secrétariat en visant le secrétariat
de direction.
Les
années 80 voient planer une menace sur la profession.
En effet, dès 1980, le futorologue Alvin Toffler, dans son
ouvrage "Le Bureau du futur", intitule l'un de
ses chapitres : "Faut-il brûler la secrétaire ?".
La
bureautique va bouleverser le métier et ses catégories professionnelles.
Toutes les secrétaires notamment les plus anciennes, celles
qui ont déjà franchi les échelons du secrétariat, ne sont
pas prêtes à relever le défi. Les plus jeunes quant à elles,
prennent souvent d'assaut un nouveau créneau où elles veulent
se réaliser.
Les
années 90 sont celles de la suppression des postes de dactylos
et d'opératrices de saisie. Dans le même temps, les
secrétaires spécialisées en comptabilité, bureautique et
secrétariat de direction se retrouvent en tête de la création
d'emplois en France. C'est ce que montrent deux enquêtes
du Céreq (Centre d'Etudes et de Recherches sur les Qualifications)
et du Cnam (Conservatoire National des Arts et Métiers),
citées dans Télétravail Magazine d'avril-mai 1996.
L'allégement
des tâches, induit par le traitement de texte, les tableurs
et les grapheurs a dégagé du temps pour l'initiative : les
secrétaires d'hier, cantonnées aux travaux répétitifs de frappe
sur machine à écrire, sont progressivement devenues des assistantes
à part entière. L'enrichissement du travail et son changement
de nature ont nécessité cependant une phase obligatoire d'adaptation
liée à la formation.
Les
années 90 sont aussi celles de la crise de reconnaissance.
En effet, les secrétaires ont relevé les défis, se sont
adaptées aux nouvelles technologies beaucoup plus vite que
leurs supérieurs ou leurs patrons, mais elles n'ont pas
l'impression d'être reconnues. C'est pour cela qu'elles
disent vouloir évoluer c'est-à-dire oser être plus affirmée,
moins dépendante, plus autonome.
L'apparition
du télétravail en tant que travail à distance utilisant
l'informatique et les télécommunications va susciter une
seconde révolution dans le secteur du secrétariat.
Avec l'aggravation du chômage, les horaires contraignants
et le temps perdu dans les transports, les secrétaires d'aujourd'hui
voient dans le télésecrétariat une nouvelle possibilité.
2.
Les enjeux du télétravail pour le métier de secrétaire
assistante
D'abord
le télétravail permet de se mettre en relation avec de multiples
interlocuteurs, avec de nombreux acteurs, quelle que soit
leur distance physique ou hiérarchique. Cela peut permettre
de dégager l'exercice du métier d'un rapport parfois trop
univoque avec un seul responsable.
A
partir des principales responsabilités du secrétariat d'aujourd'hui,
il est possible d'esquisser les premiers contours du futur
"télé-assistanat".
·
l'accueil,
la réception de rendez-vous,
vont perdre un peu de leur côté impromptu. Par contre, toute
occasion de rencontre physique nécessitera une organisation
plus précise, dans des lieux plus diversifiés que l'espace
de travail aujourd'hui. La capacité de la téléassistante
à bien l'organiser sera essentielle.
·
Le classement
sera de plus en plus "immatériel" : il se fera
à l'aide de fichiers, sur des sites informatisés dont la
téléassistante organisera les conditions d'accès partagé.
·
La
fonction courrier tendra elle aussi à se "dématérialiser".
Le tri et la répartition seront affaire de transmission
informatique à partir du lieu de réception.
·
Le
repli
téléphonique
n'exige déjà plus aucune contrainte de localisation physique.
·
L'organisation
de rendez-vous, de manifestations particulières, de voyages
passera
par de meilleurs contacts avec les interlocuteurs prestataires.
La disponibilité pratique des informations de base (via
agendas électroniques, serveurs multimédia) permettra d'améliorer
la qualité du service rendu.
·
Les
qualités
de rédaction,
de communication écrite et orale seront essentielles pour
atteindre l'efficacité optimale.
·
La
production de documents, de toute nature, va passer
par une connaissance précise de tous les outils de communication
existants et de leur possibilité de transfert.
Toutes
ces évolutions, avec le télétravail, conduisent à envisager
l'avenir du métier dans une version plus "nomade"
qu'aujourd'hui, un métier ouvert à des interlocuteurs plus
nombreux, plus partenaires que responsables hiérarchiques
uniques.
Cet
éclatement du contexte professionnel peut ouvrir la voie
à une évolution du poste vers une conception plus entrepreneuriale
: jusqu'à devenir télétravailleur indépendant.
3.
Le télésecrétariat
3.1.
Ses acteurs, ses prestations.
Le
secrétariat, parce qu'il est au cœur de la transformation
des conditions de transmission de l'information, est l'un
des premiers métiers à être concerné par le travail à distance.
Aujourd'hui
les 2 000 sociétés qui proposent des prestations de télésecrétariat,
s'introduisent dans les grandes compagnies de la banque
ou de l'assurance (Avenir, filiale de l'UAP, MAAF, La Concorde),
ou dans les grands groupes industriels (EDF), en leur proposant
une facturation en fonction du nombre d'appels traités et
de la charge de travail effectivement réalisée.
Il
n’est pas interdit de penser que d’ici quelques années la
France sera couverte par un vaste réseau de télécentres.
Par ailleurs, d'après une enquête
du magazine Secrétaires et Assistantes
datant de 1997, 70 % des secrétaires interrogées sont
séduites par le télésecrétariat, quelques milliers se lancent.
Il est difficile d'obtenir une estimation précise, ces données
étant considérées comme confidentielles par le SIST (Chambre
professionnelle nationale des téléservices).
Les
principaux téléservices fonctionnels proposés
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· Courrier
·
Devis
·
Edition de factures
·
Rapports (expertise, étude, conseil)
·
Mise en page de documents techniques
·
Compte-rendu de réunion
·
Transcription de K7
·
Plaquettes publicitaires
·
Digitalisation de documents
·
Intégration d’image
·
Infographie
·
Traduction en langues étrangères
·
Saisie d’écritures comptables
|
·
Feuilles
de paie
·
Réalisation de transparents
·
Mailing
·
Tableaux
·
Facturation
·
Conception assistée par ordinateur
·
Dessin assisté par ordinateur
·
Publication assistée par ordinateur
·
Développement de logiciel
·
Recouvrement de créances
·
Archivage de documents
·
Gestion de fichiers...
|
3.2.
Le marché du télésecrétariat
Les
entreprises qui font appel à des entreprises de téléservices
le font en priorité :
·
pour
satisfaire des besoins ponctuels ne nécessitant pas la création
d’un emploi à temps plein ou même à mi-temps,
·
pour
accéder à des compétences inexistantes dans l’entreprise
(besoins en formation ou prospection commerciale...),
·
ou
encore pour faire face à une surcharge de travail (secrétaires
débordées, problème de courrier en retard ou nécessitant
le décryptage de cassettes, frappe et mise en forme...).
Il
arrive d’ailleurs que certains télécentres ou prestataires
de téléservices, lorsque la situation le nécessite (là encore
surcharge de travail ou compétence inexistante) ont eux-mêmes
recours à des sous-traitants (télésecrétaires free-lance
par exemple).
Les
raisons principalement évoquées par les entreprises sont
donc une plus grande souplesse d’organisation et une
meilleure gestion des variations d’activité. Sans oublier
bien sûr la notion de coût. Externaliser des activités
tertiaires vers des télécentres ou des télétravailleurs
indépendants permet globalement de réaliser des gains de
l’ordre de 20 à 40 %. Le contrat de travail est
en effet remplacé dans ce cas par un contrat commercial,
beaucoup plus « rentable » (ni déclaration préalable
d’embauche, ni feuille de paye, ni calcul de charges...).
On ne loue plus le temps d’une personne, on achète un résultat.
Ceci
dit, les entreprises n’ont bien sûr pas toutes les mêmes
besoins. Plus elles sont de faible dimension (moins de trois
salariés), plus elles expriment des besoins importants en
téléservices tels que prospection de clientèle, étude de
marché, information fiscale et accueil téléphonique. Les
entreprises un peu plus grandes manifestent plutôt des besoins
en informatique, secrétariat et suivi comptable. Enfin,
au dessus de 100 salariés, l’exportation, le recrutement
et les services de traduction sont plébiscités.
Les
besoins en téléservices sont plus importants également dans
le secteur tertiaire que dans les secteurs industriel et
agricole. Ce dernier, tout comme le secteur tertiaire, est
surtout demandeur de télésecrétariat, alors que le secteur
industriel se tournerait plutôt vers les formations informatique/bureautique.
Les
entreprises semblent identifier par elles-mêmes leurs besoins,
et donc les meilleures opportunités de recours aux téléservices.
Elles ont affaire le plus souvent au même prestataire dès
lors que celui-ci répond à leurs attentes.
A
noter enfin que les entreprises qui ont arrêter d’utiliser
ce type de services l’ont fait essentiellement parce qu’elles
ont intégré les compétences, ou suite à une baisse d’activité.
Les
besoins les plus souvent émis par secteur d’activité
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Assurance
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rapport
de prévention, rapport d’expertise, déclaration de
sinistres..
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Banque
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courriers
d’information, documents marketing, transcription
de réunions, de conseils d’administration...
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Recouvrement
|
courrier
de relance clients ou fournisseurs...
|
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Expertise
|
rapport
d’expertise, devis technique...
|
|
Organismes
de contrôle
|
dossiers
de mise en conformité, dossiers techniques, rapports
d’expertise...
|
|
Services
publics
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archivage
des documents électroniques, courriers d’information,
dossier d’appel d’offres...
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Industrie
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devis,
factures, descriptifs, rapports techniques...
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Communication
|
plaquettes,
documents commerciaux, mailing...
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|
Informatique
|
fiches
techniques, courrier d’information, documentation...
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Professions
libérales
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gestion
des appels téléphoniques, rapport, courrier, appels
d’offres...
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Il
faut savoir que les besoins d’externalisation d’un grand
compte et d’une Pme/Pmi ne sont pas les mêmes ; et
qu’il existe un monde entre cette dernière et l’artisan
ou la profession libérale.
3.2.1.
Le marché des grandes entreprises
Les
grandes entreprises possèdent en général toutes les compétences
et l’infrastructure pour exercer l’ensemble de leurs activités.
Dans ces conditions les prestataires de télésecrétariat
ne peuvent espérer se voir confier autre chose que la saisie
de documents, éventuellement la transcription de K7.
Par
contre, les grandes entreprises ont tendance à s’adresser
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