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Chapitre
7. TELETRAVAIL ET INTERNET
1.
Présentation d'Internet
1.1
Définitions
et bref historique
Internet
est un réseau de réseaux, et fédère des centaines voire
des milliers de sous-réseaux.
En
1969, en pleine période de Guerre Froide, le ministère
de la défense américain entreprend de construire un réseau
de communication informatique pouvant résister à une attaque
nucléaire, car basé sur la connexion de multiples ordinateurs
et réseaux.
Pour
qu'Internet devienne un moyen de communication plus connu,
il faudra attendre 1982, date à laquelle l'accès au réseau
est accordé gratuitement, et 1986, pour que le réseau
soit branché sur les lignes publiques. Dès lors, Internet
touche l'ensemble de la communauté scientifique. Ainsi,
progressivement, Internet a été détourné de sa fonction
militaire pour intéresser les chercheurs et les universitaires.
C'est
surtout à partir de 1992, que le coup d'accélération est
donné. Les conditions d'admission à Internet, pour les
entreprises privées, s'assouplissent, de sorte que tous
ceux qui possèdent l'équipement nécessaire peuvent proposer
des services. Des sociétés commerciales s'installent sur
le réseau pour vendre des services et du temps de connexion.
Ainsi, de nouveaux acteurs apparaissent sur le réseau,
des milliers de personnes se connectent. Internet devient
un phénomène de société.
C'est
aussi en 1992 qu'un chercheur de Genève, Tim Berners-Lee,
met sur le réseau le World Wide Web, appelé plus communément
le Web, qui se révèle être un remarquable guide de navigation
sur Internet, en permettant de se déplacer facilement
d'un document à l'autre.
De
plus, très facile à manœuvrer, le Web ouvre le réseau
à de nouveaux utilisateurs peu familiers de l'informatique
et devient ainsi la composante d'Internet la plus connue.
Son
taux de croissance actuel en fait la première "autoroute
de l'information" de l'histoire de l'humanité.
1.2.
Quelques caractéristiques d'Internet
A
l'inverse du minitel, on ne paie que l'accès (péage de
l'autoroute), mais pas le contenu. C'est d'ailleurs pour
'instant un frein au développement de la partie commerciale
d'Internet. L'accès est sans commune mesure avec les prix
pratiqués par les services minitel, puisque l'accès Internet
n'est généralement pas facturé à la durée mais selon un
forfait.
Sur
Internet, il n'y a pas d'opérateur central, mais uniquement
un comité de scientifiques chargé de définir les évolutions
du protocole de communication. "Les tuyaux"
(câbles) sont loués à des sociétés de télécommunications.
Contrairement
au minitel, où l'anonymat est la règle, Internet oblige
à déclarer son identité : condition obligatoire pour retirer
son courrier électronique, et pour participer aux newsgroups,
où les contributions anonymes sont mal vues.
Sur
Internet, il est possible d'être simultanément en relation
avec plusieurs sites quelle que soit leur situation géographique
dans le monde : c'est un réseau mondial. La norme minitel
est restée française, et reste de type ordinateur central-terminal.
1.3.
Les multiples utilisations d'Internet
Tous
les aspects d'Internet ne sont pas utilisés de la même
façon par les "internautes".
·
La
messagerie
La
messagerie ou e-mail est le service de loin le plus utilisé
d'Internet. C'est souvent le service d'entrée pour un
nouvel Internaute car elle lui permet de correspondre
avec l'ensemble des abonnés dans le monde entier pour
le coût d'une communication téléphonique locale, si le
fournisseur d'accès (provider) est dans la même circonscription
de taxe que l'utilisateur.
·
Les
bases documentaires
Le
télétravailleur peut depuis son domicile ou un autre lieu
de travail accéder à de nombreuses banques de données
situées dans le monde entier. Si certaines sont payantes,
il en existe encore de multiples ouvertes et gratuites.
·
Les
forums
Ces
forums constituent un outil d'échanges entre personnes
partageant les mêmes préoccupations. Il existe aujourd'hui
plus de 10 000 forums (encore appelés newsgroups) qui
sont très actifs. Pour le télétravailleur, ces forums
constituent une occasion d'informations et d'échanges
qui lui permettent de rompre son isolement.
·
Le
commerce électronique
Internet
permet de rendre accessible une offre beaucoup plus riche
que celle fournie par le minitel, grâce à la possibilité
d'ouvrir des catalogues de produits et de créer de véritables
galeries marchandes "virtuelles".
2.
Le phénomène Internet
2.1.
Dans le monde et France
Né
de l'autre côté de l'atlantique, Internet est utilisé
depuis plus longtemps par les Américains et dans des proportions
qui sont difficiles à imaginer pour nous Européens : 40 %
des foyers sont équipés d'un micro-ordinateur connecté
au Net.
L'Europe
et notamment la France, accuse de ce point de vue un énorme
retard. Ainsi, en 1998 la France compte environ 600 000
abonnés contre 40 millions aux Etats-Unis.
Selon
un sondage de la SOFRES, datant de début juillet 1999,
La France compte 1,4 millions d'abonnés, soit une augmentation
de 65 % au cours des six derniers mois.
On
estime que 70 à 80 % du trafic de l'Internet s'effectue
entre l'Europe et les Etats-Unis, pour un volume quatre
fois supérieur dans le sens des Etats-Unis vers l'Europe,
l'essentiel des serveurs se trouvant Outre-Atlantique.

L'Internet
en Europe
þ
Allemagne octobre 1998, 7,3 millions d'internautes
8,7 % de la population
þ
Espagne octobre 1998, 2,25 millions d'internautes,
6,6 % de la population
þ
Finlande mai 1998, 1,79 million d'internautes,
35 % de la population
þ
Italie
mai 1998, 2,6
millions d'internautes
þ Pays
Bas janvier/avril
1998, 1,39 millions d'internautes, 8,3 % de la
population
þ
Royaume-Uni mars 1998, 4,3 millions d'internautes, 9 % de la population
Estimations
rassemblées par NUA http://www.nua.ie/surveys/
Selon
les prévisions la France connaîtra un fort développement
dans les deux années à venir, puisque nous passerons :
·
de
50 à 300 millions d'utilisateurs dans le monde
·
de
600 000 utilisateurs français à 2 200 000
·
les
dépenses des consommateurs européens passeront de 580
millions de francs à 19 milliards de francs en 2001.
·
Le
parc mondial d'ordinateurs sera multiplié par 6, le parc
français par 3,6 à 5,5.
D'autre
part, il convient d'observer également la nature des nouveaux
abonnés : si dans les chiffres actuels la France compte
environ 40 % d'entreprises, le fort développement attendu
viendra beaucoup plus d'un usage professionnel que privé.
Il s'agit donc d'entreprises, mais aussi des indépendants
et des très petites structures. La révolution économique
du Net est précisément là.
On
sait qu'en France prochainement, 70 % du PBN sera le fait
de produits dématérialisés donc plus besoin de stockage
ni de lieu d'exposition. Internet prend alors sa véritable
dimension commerciale.
2.2.
En Région Midi-Pyrénées
De
même que nul ne peut ignorer les difficultés de liaison
par la route entre certaines villes de Midi-Pyrénées,
les autoroutes de l'information apparaissent comme des
incontournables pour le développement économique et l'équilibre
de notre région.
Au
cours du premier semestre de 1999, deux événements ont
particulièrement souligné l'impact des nouvelles technologies
sur le plan régional :
2.2.1.
Entreprendre à la campagne avec les nouvelles technologies
Tel
est le titre de la conférence-débat qui s'est tenue le
8 avril 1999 à Labège, dans la banlieue toulousaine. Cette
manifestation a été organisée par Ariège Expansion, l'agence
de développement économique du département de l'Ariège,
et le magazine "L'entreprise", en présence de
quelque deux cents décideurs de Midi-Pyrénées.
Les
nouvelles technologies de l'information et de la communication,
l'essor d'Internet et du commerce électronique, permettront-ils
de revitaliser les campagnes ?
Le
monde rural et notamment le "rural profond"
selon l'INSEE (six millions d'habitants, le dixième de
la population sur la moitié du territoire national) a
du mal à attirer des entreprises, à l'inverse des villes
et de leur périphérie qui concentrent désormais l'essentiel
des richesses économiques et des emplois.
Plusieurs
personnalités on témoigné, démonstration "en ligne"
et visioconférence à l'appui, sur des initiatives prometteuses
pour l'espace rural de notre région.
Citons
par exemple l'intervention de Jean-Louis Curret qui dirige
à Saint-Laurent de Neste, village des Hautes-Pyrénées,
le CETIR (Centre européen des Technologies de l'information
en milieu Rural), centre pilote de recherche et d'expérimentation.
Monsieur
CURRET a présenté BIGORTEL, créée en partenariat
avec Atos et Matra, cette PME pyrénéenne effectue quotidiennement
la télé-saisie de 400 000 chèques pour le Crédit Lyonnais.
Une quarantaine d'emplois créés, occupés surtout par des
femmes qui travaillent à temps partiel, près de leur domicile,
souvent à des heures tardives. Pour Aimé CENAC, Président
de Bigortel, "dans une grande ville un tel rythme
serait impossible à tenir du fait des servitudes des transports."
Le
CETIR étudie en ce moment d'autres projets de télé-activités
notamment dans la promotion touristique.
Citons
enfin Jean LARROQUE, qui a réussi à transférer de Paris
en Ariège, sa société, ARGÈNE BIOSOFT. Un laboratoire
de 26 salariés qui exporte ses produits, des réactifs
de dépistage des maladies infectieuses, dans de nombreux
pays. Grâce à Internet, la directrice scientifique du
laboratoire, peut, tout en restant à Paris, pour des raisons
personnelles, continuer à exercer ses fonctions à distance
et être en contact avec des laboratoires du monde entier.
Toutefois
c'est une révolution dans les esprits et les modes d'organisation
qui doit advenir pour que le travail à distance et la
mise en réseau d'activités apportent aux entreprises un
champ infini de compétences et de débouchés, quelle que
soit leur implantation géographique.
Plusieurs
intervenants ont souligné l'importance de l'environnement
socio-politique pour soutenir ces initiatives : il
faut des facilités d'accueil et aussi la volonté politique
des élus locaux.
Martin
MALVY, Président du conseil régional de Midi-Pyrénées,
lui-même élu d'un département rural, le Lot, a confirmé
dans sa conclusion les espoirs qu'il place dans les nouvelles
technologies et l'importance de l'impulsion politique. |